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30 décembre 2018 7 30 /12 /décembre /2018 15:40
Cottance 2017 (photo privée jmg)

 

 

Semaine de fête obligatoire, encadrée par la Loi. Pendant 7 jours, le droit incertain au bonheur devient un devoir absolu. Souris! Sois heureux! Tu dois! Une police du bonheur. déguisée en pères Noēl parcourt les rues des villes et des villages, traquant mine sombre, grimace, rictus, et larme même discrète. Un soupçon de tristesse et c’est la punition assurée! Coups de fouet, amendes, prison. On peut même finir au bout d’une corde, en cas de mélancolie dépressive persistante, pendu pour l’exemple  en place publique, applaudi par une foule hilare…

 

Alors chacun se force à sourire.  Sourire partout, tout le temps.  Ce n’est que la nuit, chez soi, à l’abri des regards, qu’on peut enfin  laisser aller ses traits.  Il n'y a repos du visage que dans la gravité.

 

Trop sourire fatigue. Mais tout est prévu. Tu n’y arrives plus? Porte un masque! On en vend  partout. Sourires pas chers ou hors de prix, basiques ou sophistiqués. Les marchands  se frottent les mains. Eux, c’est sûr, n’ont pas besoin d’en porter!  "Souriez dans l’effort, mais sans effort", chez Décathlon, "le sourire à prix coûtant" chez Auchan. Partout, à la radio, à la télé, dans les journaux, sur les murs, cet avertissement: Attention! Un malheur est si vite arrivé, protégez-vous, sortez masqué!

 

Il faut dire que la loi s’applique  à tout l’espace public: même les hôpitaux, les maisons de retraite, les cimetières sont concernés.  De grands panneaux vous accueillent aux entrées,...  "Ici  vieux, oui, mais souriants...",    "Malades certes, mais marrants,.. ",  "T’es mort et enterré, la belle affaire! On en rigole encore…".

 

C’est dans ce contexte de joie collective obligée qu’on me demande  comme chaque année d’écrire un conte de Noël propre à plonger dans la joie mes lecteurs…

La tâche est risquée, je n’ai pas le droit à l’erreur.  Par précaution je vais commencer par la fin. La voici:  "… son visage rayonnait de bonheur".

 

Le plus dur reste à faire,  Il va me falloir beaucoup d’imagination pour savoir comment mon héros  a bien pu en  arriver là.

 

 

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