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5 octobre 2010 2 05 /10 /octobre /2010 09:14

 

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C’est fini. La coiffeuse déplace lentement le miroir derrière ma nuque et me demande si ça va comme ça. Chaque fois, je réponds  en souriant: « Oui, ça va très bien, merci ». Comme je suis très myope et que, le temps de la coupe, j’ai posé mes lunettes sur la tablette devant moi, en vérité, je ne vois rien.  

Mais, remettre mes lunettes avant de répondre donnerait à mes paroles une solennité  d’autant plus  embarrassante  que je serais censé alors voir ce que tout le salon peut voir : ça ne va pas!  

 Il me faudrait donc, soit dire la vérité : « Non, ça ne va pas » et m’engager  dans une discussion périlleuse qui pourrait se conclure par un humiliant « Ce n’est pas ma façon de couper les cheveux  qui pose problème, Monsieur, mais la forme de votre tête ! », soit mentir, les lunettes sur le nez, et laisser croire que je manque totalement de lucidité quant à l’état de mon crâne, une fois ses cheveux coupés. 

Compte tenu de mon statut, maintenant bien établi au village, d’arbitre des élégances (je suis responsable au conseil municipal de la commission "embellissement"),  je préfère de beaucoup que les gens du salon expliquent ma réponse par ma forte myopie (le pauvre, heureusement, il n'avait pas remis ses lunettes!) plutôt  que par une défaillance grave de mon jugement esthétique. 

Comme dit un proverbe houbiste* « Le sage n’a pas besoin de lunettes pour ne pas voir ».

 

* Le houbisme est la doctrine philosophique du Marsupilami : « Houba ! » 


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Published by Emile Gillmo - dans Chroniques
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