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17 décembre 2017 7 17 /12 /décembre /2017 17:00
 

C’était écrit noir sur blanc au bas de l’ordonnance : marche journalière d’au moins 30 minutes. La doctoresse avait insisté, pour ce que vous avez, Monsieur Lenoir, vous devez absolument marcher. Il était ressorti consterné du cabinet médical, plus affecté par cette prescription que par le diagnostic. Mais, puisqu’il devait marcher, il marcherait…

Aussi, le lendemain, Augustin Lenoir décida de se rendre à pied à l’hyper super marché qui se trouvait à la périphérie de la ville. Là où il avait l’habitude de faire ses courses. Il portait en bandoulière son sac à provisions.  Il  y avait rangé, par précaution, son mini parapluie.

Le trajet lui parut interminable, Augustin Lenoirl regardait sans cesse sa montre. Il lui fallut exactement 27 minutes pour se trouver face aux imposants bâtiments du centre commercial.

Mais, il devait encore franchir les multiples sorties ou entrées d’un gigantesque rond point qui semblait avoir aimanté la totalité des automobiles de la ville. L’odeur et le bruit étaient insupportables.  Rien n’était prévu pour   un piéton. Traverser, c’était jouer sa vie à la roulette russe!. Il hésita un instant puis se lança. Il ne pouvait avoir marché pour rien!

Appels de phares, crissements de pneus, hurlements d'avertisseurs, il manqua plusieurs fois d’être écrasé... Et toutes les injures qu’il n'entendit pas!

Il ne faut jamais faire obstacle au désir de consommation des braves gens qui roulent avant les fêtes de Noël vers les supermarchés...  Aux enfants rêvant de jouets et de confiseries, aux épouses de parfums,  aux maris  d’alcools forts. Tous  voulaient sa peau! Les paisibles berlines familiales s’étaient muées en effrayantes machines de  mort.

Lorsqu’il  parvint, en sueur, le coeur battant, dans une sorte de no man’s land d’herbes folles qui séparait les voies de circulation des premiers parkings, Augustin Lenoir comprit qu’il était  sauvé. Il ne lui restait plus qu’une centaine de mètres à parcourir pour se retrouver  en terrain connu.

C’est à ce moment que Ferdinand Biron l’aperçut. Ferdinand Biron était GISCBV (garde intermittent stagiaire citoyen bénévole vigilant) chargé de renforcer la sécurité du centre commercial pendant la période des fêtes. Il avait retenu de son  court stage de formation qu’un individu accédant à pied à un centre commercial était forcément un terroriste. Ferdinand Biron souleva le canon de son fusil mitrailleur.

Augustin Lenoir, lui, s’était arrêté  pour reprendre son souffle. Il commençait à pleuvoir. Il avait posé son sac à provisions  à terre. Il en sortit son parapluie.

Dans un pays en état d’urgence, rien, hélas, ne ressemble plus à un pistolet automatique qu’un parapluie rétractable.

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11 décembre 2017 1 11 /12 /décembre /2017 16:37

 

Saint-Haon-le-Châtel, octobre 2017 (photo privée jmg)

 

"Ce coin de nature, ce bout de jardin, un bruit de pas sans écho sur le gravier d'une allée, mon exaltation les a portés et a réussi à leur faire traverser tant d'années successives, tandis que sont morts ceux qui les foulèrent et le souvenir de ceux qui les foulèrent."

                                                                       Marcel Proust ,  Du côté de chez Swan

 

La pluie cesse, ils font le tour du village. Des citations d'écrivains accompagnent leur visite. Les lieux et les mots se répondent pour leur plus grand bonheur. On devine au loin une trace  d'arc-en-ciel.    

 

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4 décembre 2017 1 04 /12 /décembre /2017 16:46

 

Expo Robert Kéramsi Chazelles sur Lyon nov2017 (photo privée jmg)

 

Oh regarde ! Tu as vu le chien ! Comme c'est bizarre, il est tout nu !

 

 

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17 novembre 2017 5 17 /11 /novembre /2017 10:06
 
Maison de santé
Au village, ils viennent d’inaugurer une maison de santé. Toutes les huiles étaient là: le préfet, le député, le sénateur, le président départemental de l’ordre des médecins. Même la ministre a failli venir! C’est dire… 
Mais personne pour représenter les malades. Aucune invitation! Déception! Je me voyais pourtant bien faire un discours. Un beau discours de malade dans la maison de santé.

 

Généraliste
Le nouveau généraliste est jeune, grand, beau… Sans doute sent-il bon le sable chaud. Chez l’ancien flottait une odeur de tabac froid et d’alcool fort. Mais tout allait bien alors, son pèse-personne sur-estimait mon poids et son tensiomètre sous-estimait  ma pression sanguine. 
Chance, aujourd’hui, le nouveau toubib est assisté de son stagiaire. Deux sur mon seul corps penchés, je suis aux anges! Je ne peux m’empêcher de comparer leurs manières d’ausculter et l’ancienne:  mon vieux médecin avait une vue d’ensemble de la bête, eux détaillent chaque morceau. L’esprit de synthèse contre l’esprit d’analyse…
Vite rhabillé, je  suis maintenant assis  sagement prés du bureau,  carte vitale dans une main et 25 euros dans l’autre. Moment du diagnostic. Rappel: je suis venu  pour un petit rhume qui ne passait pas…
De l’autre côté de la table, ils s’interrogent à haute voix, peut-être un cancer, peut-être le sida, peut-être autre chose ou peut-être pas?  Ils se tournent vers moi et disent : on verra plus tard après les analyses.
J’ai bien entendu. Il fait beau, les larges fenêtres vitrées du cabinet flambant neuf laissent passer une éclatante lumière. La vue au loin sur la plaine est magnifique. Peut-être le cancer, peut-être le sida? ...Youpi! La vie est belle!  On attendra… 
 

Ophtalmo 

Elle est jolie, mais sévère. Elle dit : regardez au centre, en haut, en bas, à droite, non à droite, à gauche, en haut à gauche, plus à gauche encore,
Et moi j’obéis. J’obéis au doigt et à l’oeil. Justement le doigt…Son doigt délicatement soulève ma paupière. J'admire, de l’autre oeil, coquin, mais valide, la finesse de la main.
J’en ai parlé à mon psy, il me met en garde (je le crois jaloux de ses prérogatives), attention, pas de transfert, avec un ophtalmo c’est rigoureusement interdit et hors de prix!

 

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16 novembre 2017 4 16 /11 /novembre /2017 16:15
Giardino delle Vergini. Venise sept 2017 (photo privée jmg)
Giardino delle Vergini.

Ici  pas de foule, tout est calme. Ça change des autres sites de la Biennale. Le début de la visite, à travers les jardins, nous conduit jusqu'au bord du chenal qui donne sur le port de l'Arsenal. Ensuite le chemin bifurque à gauche vers des sortes de hangars. Une jeune femme, qui ne porte pas d'uniforme, s’approche et nous dit très poliment qu’à partir de là, il faut prendre un billet.  Elle semble un peu gênée, sans doute à cause de notre âge. Nous pourrions être ses grands-parents. Croit-elle que nous essayons de resquiller? Elle imagine mal ses grands-parents, fervents catholiques, se comporter ainsi. Du coup, nous nous sentons gênés aussi.   

 Pourtant, nous  rebroussons chemin, préférant garder nos sous pour améliorer l’ordinaire du léger repas que nous avons l’habitude de prendre vers midi dans une des petites  boulangeries-cafés que la chaine Majer a  positionnées dans le centre de Venise. C’est un mode de restauration pratique et de bonne qualité qui nous va bien. Il ne faut cependant pas trop s’écarter au moment de choisir les plats pour rester dans une fourchette de prix raisonnable. Moi, je prends des boulettes de riz aux épinards qui calent bien l'estomac et me permettent de tenir jusqu'à tard le soir. Avec l’argent économisé du billet nous pourrons avoir, en plus, cette fois, une pâtisserie et un café. C'est un bon plan qui nous met de bonne humeur et déjà en appétit.

Et puis, si nous écourtons notre visite, nous arriverons  suffisamment tôt au Majer de la Via Garibaldi toute proche, pour espérer pouvoir s'asseoir en terrasse. Il fait beau, ce sera agréable de regarder les gens et les pigeons.  
Pour regagner la sortie, nous repassons donc devant les œuvres déjà vues et   nous leur trouvons moins d’intérêt. Le fait de savoir qu’elles nous sont présentées gratuitement, alors que d’autres exposées sur le même site nécessitent, elles, une contribution financière, semble leur avoir enlevé le statut d’oeuvre d’art. Nous n'avons pas voulu payer pour voir, mais nous n’avons plus envie de voir ce que nous n'avons pas payé. La valeur marchande de cet art est-elle la seule garantie qu'il soit de l'art? Vaste question artistico-économique ou simple inquiétude de radin: si c’est gratuit, ça ne vaut rien et si ça coûte, je me suis fait avoir!

Ainsi, en entrant dans les jardins, j’avais pris en photo ce que je croyais alors être une installation d’artiste. Lorsque j’en ressors,  je suis persuadé que ce ne sont que débris amassés puis abandonnés par un employé d’entretien étourdi.

Ai-je raison ou tort?

De retour en France,  je me  suis reposé la question et après quelques recherches,  je n’en sais toujours rien.
Les bouts de bois photographiés faisaient-ils oeuvre? Ou bien l'oeuvre était l’enclos dans lequel j’étais entré pour les photographier? Ou bien encore l'oeuvre était l’enclos et les bouts de bois ensemble? Ou bien quelque chose de plus grand, de plus enveloppant qui nous aurait échappé? Mystère …
Quand le doigt montre la lune, l’imbécile regarde…
Moi, j’avais photographié les résidus.

Un ami à qui je raconte cette mésaventure me sermonne, je te l'ai bien dit, une visite ça se prépare. On ne rentre pas dans un musée comme ça. Ce n’est pas une promenade digestive! Si on ne sait pas ce qu’on va voir, on ne sait pas ce qu’on voit et donc on ne voit rien!

Je laisse dire. Il me plait assez  de ne pas savoir vraiment si ce petit tas de bois prêt à partir en fumée est oeuvre de Michael Beutler, artiste berlinois, ou  négligent oubli de Guiseppe Giannero, modeste jardinier de la ville de Venise.
 
 
 

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13 novembre 2017 1 13 /11 /novembre /2017 13:05
 
Exposition Damien Hirst Venise sept 2017 (photo privée jmg)
 
On visite l’exposition Damien Hirst à la Punta della Dogana.
Les statues sortent du fond de la mer, Venise s’y enfonce…Belle idée!
Un jour, des visiteurs viendront en scaphandre admirer ce Dingo sauvé des eaux puis de nouveau noyé? A quel prix sera le ticket d’entrée? L’art contemporain est déjà cher…
Pour l’instant, dans le groupe, c’est le Dingo de la discorde. Pas sérieux ? Du génie? L’un dit qu’il verrait bien ce Dingo post-aquatique dans son jardin de   Haute-Loire… C’est peut-être pas de l’art, mais c’est décoratif!  L’autre, qui se gave de séries policières américaines sur Netflix lui fait remarquer qu’il lui sera difficile de le sortir en douce, rien que pour cette salle, j’ai compté 5 caméras!. On rigole.
La visite continue, on discute, on rigole. Cet art a le mérite de ne pas se prendre au sérieux. 
L’affaire se termine à la cafétéria du musée.  Hubert le snob, tout en attaquant à la petite cuillère son tiramisu, soutient avec gourmandise que la destruction de l’oeuvre  est la forme la plus aboutie de l’art,  delenda Dingo est,  et la Joconde avec! 
C’est un « oh! » d’indignation générale dans le groupe. Pas touche à la Joconde!

 

https://tempsreel.nouvelobs.com/culture/20170408.OBS7764/le-tresor-retrouve-de-damien-hirst-a-venise.html

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11 novembre 2017 6 11 /11 /novembre /2017 15:51
Punta della Dogana sept 2017 (photo privée jmg)

 

lls furent déçus du voyage organisé à Venise. Trop d’eau! Trop de ruelles piétonnes! Ils ne comprenaient pas que depuis le temps on n’ait pas comblé le Grand Canal pour en faire une large avenue. Trop de maisons délabrées aussi qu’il aurait fallu raser et construire à la place des immeubles fonctionnels. Venise était une ville invivable!

Seule consolation, la demi-journée libre: ils avaient pu visiter la zone commerciale installée le long du périphérique qui contourne la lagune. Ils y découvrirent un Auchan encore plus grand que celui de Saint-Étienne! Là, parcourant les rayons en poussant leur chariot, ils s’étaient sentis comme chez eux. 
Ils y avaient acheté des bouteilles de Chianti, celles entourées de paille. Elles feraient de jolis cadeaux à rapporter à la famille et aux amis.

 

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6 novembre 2017 1 06 /11 /novembre /2017 10:56

 

place Saint Marc sept 2017 (photo privée jmg)

 

Passé minuit, la place Saint-Marc est presque vide. Encore brillante de la pluie qui est tombée pendant la journée et du halo des réverbères. Un couple chic valse devant le café Florian. Lui droit comme un i, elle penchée sur cet homme petit. Plus loin, de jeunes routards timides les imitent. Je prends des photos, qui ne rendront rien. Instantanés, musiques fugitives. Passé minuit, la place Saint-Marc est presque vide, Venise nous appartient.

 

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2 avril 2017 7 02 /04 /avril /2017 14:27

Soulage (extrait)

                                                                                     Soulage  (extrait)

 

Il y a eu ce chien au pelage noir sorti d’on ne sait où.  Qui nous frôla les jambes, puis accompagna notre ballade toute cette fin d’après-midi. C’était le début du printemps, le premier jour de l’heure d’été. Il faisait beau, l’air était doux. Nous marchions sur les chemins qui suivent la ligne de crête, quelque part dans les Monts du Lyonnais.

 

En fait, le chien, il nous précédait de quelques mètres,  se retournant de temps en temps pour voir ou nous en étions. A chaque  croisement, quand nous avions pris un chemin différent du sien, il s’arrêtait, relevait la tête, nous regardait, revenait aussitôt vers nous et repartait devant.  Nous avons trouvé ça plutôt sympathique et amusant. C’est vrai que les promenades dans cette campagne, depuis le temps qu’on en pratique tous les chemins, sont plutôt ennuyeuses. Tout y est si prévisible.Et cela fait si longtemps qu’un être vivant ne nous a pas témoigné aussi durablement une tel attachement. On s’est pris au jeu:  on a décidé de suivre sa trace plutôt que de lui imposer la nôtre.

 

Va où tu veux bon chien! Sois notre guide, on te suit!

 

Alors on l’a suivi. S’émerveillant de son obstination à nous conduire et de sa patience à nous attendre lorsque nous nous arrêtions pour nous reposer ou regarder le paysage. 

Quand il a pris ce chemin pentu qu’on connaissait mal et qui s’enfonçait dans une forêt de sapin, beaux joueurs, on l’a suivi.

 

Maintenant que les arbres cachent le ciel, la marche devient plus difficile. C'est une forte descente. On se tord les chevilles sur des cailloux pointus. Le chien a  disparu. 

Et puis  dans la pénombre, soudain, des yeux injectés de sang... Oreilles dressées, poils hérissés, babines retroussées, gueule  effrayante ouverte sur de terribles crocs, le paisible chien fait face. C’est un loup.

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23 mars 2017 4 23 /03 /mars /2017 17:31

 

 

 

  Au matin, on découvre le trou. Un mètre de diamètre environ. Un grand vide, sombre, impressionnant. Dans la nuit une partie de la chaussée s’est effondrée.  Sous le bitume, une grande quantité de terre a été emportée. Juste devant la porte du garage de l’auberge « La Gigogne » où, avec les membres de l’association SAS (ski, amitié, scramble), nous avons l’habitude, chaque année, de passer une semaine en mars.  C’est la consternation dans le groupe car les trois fourgons blancs qui servent à nous transporter jusqu'au pied des pistes se trouvent bloqués à l’intérieur. Dans la rue, les gens s’arrêtent pour regarder. Il va falloir poser au plus vite des barrières de sécurité.

 

  Ensuite,  heureusement, le directeur de l'auberge s’est débrouillé pour se faire prêter d’autres véhicules.  Nous arrivons sur les pistes avec du retard, mais,  c’est l’essentiel, la  journée de ski est sauvée. A  notre  retour, en fin d’après-midi, tout semble être rentré dans l’ordre, le trou est comblé. Nous pouvons  même sentir l’odeur du goudron frais. Seul un tractopelle est resté  sur place.

 

  C’est seulement au repas du soir, quand nous passons à table et voyons la chaise vide devant le bol de potage fumant... Mais où donc est passée Henriette? 

 

Cette histoire de trou a  en effet perturbé le petit déjeuner et le transport vers les pistes. Personne n’a fait attention, alors, à qui était avec qui. De plus, pendant le ski, comme nous nous partageons en petits groupes par affinités ou par niveaux, chacun a pu penser que la discrète Henriette se trouvait avec d'autres. Mais il faut se rendre à l'évidence, personne aujourd'hui n’a vu Henriette ! Aussitôt Victor et Roger se précipitent vers sa chambre. Le constat est clair : la porte est ouverte, le lit défait, Henriette n’a pas skié de la journée. Henriette a disparu!

 

  Nous nous retrouvons tous maintenant, silencieux, dans la salle à manger.  

  

  C’est alors qu’Albertine, l’anxieuse, pense tout haut et très fort, et si elle était tombée dans le trou ! 

C'est bien possible, précise aussitôt Joséphine, Henriette est insomniaque, il lui arrive assez souvent de sortir la nuit pour aller prendre l’air!  

Et le patron de l’auberge d’ajouter, ouic'est bien possible... Depuis cet hiver, l’éclairage du village s’éteint à minuit !

 

  C’est alors l'affolement général, on prévient le maire, les gendarmes, les pompiers, puis l'entreprise de Travaux Publics qui a comblé le trou. Vers minuit, sous les faisceaux de puissants projecteurs, dans le hurlement des sirènes et le clignotement des gyrophares, face aux caméras de FR3 et de BFMTV, devant un parterre d’officiels en costume ou en uniforme, les ouvriers commencent à creuser et les secours à se préparer. Derrière la fenêtre de sa chambre, vêtue d’une légère nuisette, Albertine regarde. Elle tremble de froid et de peur, je t'aime bien ma petite Henriette, mais, mon Dieu, faites qu’ils te trouvent là, dessous, sinon, moi, de quoi je vais avoir l'air ? Tout ce dérangement pour rien!

 

 

 

 

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