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6 novembre 2017 1 06 /11 /novembre /2017 10:56

 

place Saint Marc sept 2017 (photo privée jmg)

 

Passé minuit, la place Saint-Marc est presque vide. Encore brillante de la pluie qui est tombée pendant la journée et du halo des réverbères. Un couple chic valse devant le café Florian. Lui droit comme un i, elle penchée sur cet homme petit. Plus loin, de jeunes routards timides les imitent. Je prends des photos, qui ne rendront rien. Instantanés, musiques fugitives. Passé minuit, la place Saint-Marc est presque vide, Venise nous appartient.

 

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2 avril 2017 7 02 /04 /avril /2017 14:27

Soulage (extrait)

                                                                                     Soulage  (extrait)

 

Il y a eu ce chien au pelage noir sorti d’on ne sait où.  Qui nous frôla les jambes, puis accompagna notre ballade toute cette fin d’après-midi. C’était le début du printemps, le premier jour de l’heure d’été. Il faisait beau, l’air était doux. Nous marchions sur les chemins qui suivent la ligne de crête, quelque part dans les Monts du Lyonnais.

 

En fait, le chien, il nous précédait de quelques mètres,  se retournant de temps en temps pour voir ou nous en étions. A chaque  croisement, quand nous avions pris un chemin différent du sien, il s’arrêtait, relevait la tête, nous regardait, revenait aussitôt vers nous et repartait devant.  Nous avons trouvé ça plutôt sympathique et amusant. C’est vrai que les promenades dans cette campagne, depuis le temps qu’on en pratique tous les chemins, sont plutôt ennuyeuses. Tout y est si prévisible.Et cela fait si longtemps qu’un être vivant ne nous a pas témoigné aussi durablement une tel attachement. On s’est pris au jeu:  on a décidé de suivre sa trace plutôt que de lui imposer la nôtre.

 

Va où tu veux bon chien! Sois notre guide, on te suit!

 

Alors on l’a suivi. S’émerveillant de son obstination à nous conduire et de sa patience à nous attendre lorsque nous nous arrêtions pour nous reposer ou regarder le paysage. 

Quand il a pris ce chemin pentu qu’on connaissait mal et qui s’enfonçait dans une forêt de sapin, beaux joueurs, on l’a suivi.

 

Maintenant que les arbres cachent le ciel, la marche devient plus difficile. C'est une forte descente. On se tord les chevilles sur des cailloux pointus. Le chien a  disparu. 

Et puis  dans la pénombre, soudain, des yeux injectés de sang... Oreilles dressées, poils hérissés, babines retroussées, gueule  effrayante ouverte sur de terribles crocs, le paisible chien fait face. C’est un loup.

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23 mars 2017 4 23 /03 /mars /2017 17:31

 

 

 

  Au matin, on découvre le trou. Un mètre de diamètre environ. Un grand vide, sombre, impressionnant. Dans la nuit une partie de la chaussée s’est effondrée.  Sous le bitume, une grande quantité de terre a été emportée. Juste devant la porte du garage de l’auberge « La Gigogne » où, avec les membres de l’association SAS (ski, amitié, scramble), nous avons l’habitude, chaque année, de passer une semaine en mars.  C’est la consternation dans le groupe car les trois fourgons blancs qui servent à nous transporter jusqu'au pied des pistes se trouvent bloqués à l’intérieur. Dans la rue, les gens s’arrêtent pour regarder. Il va falloir poser au plus vite des barrières de sécurité.

 

  Ensuite,  heureusement, le directeur de l'auberge s’est débrouillé pour se faire prêter d’autres véhicules.  Nous arrivons sur les pistes avec du retard, mais,  c’est l’essentiel, la  journée de ski est sauvée. A  notre  retour, en fin d’après-midi, tout semble être rentré dans l’ordre, le trou est comblé. Nous pouvons  même sentir l’odeur du goudron frais. Seul un tractopelle est resté  sur place.

 

  C’est seulement au repas du soir, quand nous passons à table et voyons la chaise vide devant le bol de potage fumant... Mais où donc est passée Henriette? 

 

Cette histoire de trou a  en effet perturbé le petit déjeuner et le transport vers les pistes. Personne n’a fait attention, alors, à qui était avec qui. De plus, pendant le ski, comme nous nous partageons en petits groupes par affinités ou par niveaux, chacun a pu penser que la discrète Henriette se trouvait avec d'autres. Mais il faut se rendre à l'évidence, personne aujourd'hui n’a vu Henriette ! Aussitôt Victor et Roger se précipitent vers sa chambre. Le constat est clair : la porte est ouverte, le lit défait, Henriette n’a pas skié de la journée. Henriette a disparu!

 

  Nous nous retrouvons tous maintenant, silencieux, dans la salle à manger.  

  

  C’est alors qu’Albertine, l’anxieuse, pense tout haut et très fort, et si elle était tombée dans le trou ! 

C'est bien possible, précise aussitôt Joséphine, Henriette est insomniaque, il lui arrive assez souvent de sortir la nuit pour aller prendre l’air!  

Et le patron de l’auberge d’ajouter, ouic'est bien possible... Depuis cet hiver, l’éclairage du village s’éteint à minuit !

 

  C’est alors l'affolement général, on prévient le maire, les gendarmes, les pompiers, puis l'entreprise de Travaux Publics qui a comblé le trou. Vers minuit, sous les faisceaux de puissants projecteurs, dans le hurlement des sirènes et le clignotement des gyrophares, face aux caméras de FR3 et de BFMTV, devant un parterre d’officiels en costume ou en uniforme, les ouvriers commencent à creuser et les secours à se préparer. Derrière la fenêtre de sa chambre, vêtue d’une légère nuisette, Albertine regarde. Elle tremble de froid et de peur, je t'aime bien ma petite Henriette, mais, mon Dieu, faites qu’ils te trouvent là, dessous, sinon, moi, de quoi je vais avoir l'air ? Tout ce dérangement pour rien!

 

 

 

 

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9 août 2016 2 09 /08 /août /2016 10:04

Installation,  allée des soupirs, Panissières

                                                  Installation, allée des soupirs, Panissières

Emile, genre vieux-beau, file vers la côte d’Azur pour une énième tournée des grands ducs. Cheveux blancs et clairsemés au vent, écharpe beige au cou, il roule sur la Nationale 7, entre Roussillon et Bollène. Petit cabriolet anglais, rouge, désuet. Ses enfants ont grandi. Les enfants de ses enfants aussi. Il ne se souvient pas des prénoms ni des anniversaires. Il n’a jamais fait beaucoup de cadeaux, ni donné de baisers, ni séché de larmes… Il est un peu à la ramasse, Emile, à contre-temps. Mais libre.

En sens inverse remontant prudemment vers Paris, entre Bollène et Roussillon, voici    papy Fernand. Dans sa Skoda Superb, un break gris sérieux. Il revient de vacances. Du Lavandou. Il transporte la dernière génération de la famille, les Amandine, Florian, Gabin, Marianne, Laetitia, Manon. Ça crie, ça rit, ça pleure, ça grimace autour de lui. Et puis il y a les arrêts pipi, les jeux, les taquineries, les bouderies, les petits bisous, les envies de friandises.

Le hasard fait que le vieux-beau et le papy ont choisi, au même moment, la même station-service sur la Nationale 7 pour faire le plein.

Ils  remplissent leur réservoir, face à face. Essence contre Diesel enrichi.

Chacun se regarde, Emile, vieux loup solitaire en écharpe de tweed et Fernand, aïeul débonnaire au bermuda fleuri. Voyant l’autre, chacun pense, et si, comme lui, j’avais…Que serait ma vie?

Ensuite ils entrent ensemble dans la boutique Agip et se trouvent côte à côte devant la caisse enregistreuse.

Après, que s’est-il passé? On ne sait trop… Une chose inexplicable. En effet, quand ils sortent, ils ont échangé clés et papiers. Chacun monte dans la voiture de l’autre, comme si de rien n’était. Papy-cadeau dans la Triumph rouge et vieux-beau dans la Skoda grise. Les enfants, qui voient avec des yeux d’enfants, ne s’aperçoivent de rien. ( Pour vous, lecteurs dubitatifs, sachez que le regard des enfants se focalise sur les détails, et comme papy-cadeau et vieux-beau ont un grain de beauté à peu près identique sur la joue droite…).

Dès qu’il pose les mains sur le volant en bois d’acajou du cabriolet, Fernand, a des envies de femmes, d’alcool et d’aventures. Rapide coup d’oeil dans le minuscule rétroviseur intérieur. Se trouve fière allure! A lui, la belle vie!

Pour Emile, c’est quelques heures plus tard, la nuit venant, en réglant la climatisation électronique quadri zones du break Skoda qu’il se sent devenir pleinement pater familias comblé, prêt pour ces longues soirées d’hiver au coin du feu, petits-enfants sur les genoux à qui raconter des histoires d’ogres et de fées… Il était une fois…

Nos deux hommes sont heureux. Echange réussi.

Bon, après, bien sûr, ça se gâte… Dieu qui régit l’ordre des étoiles et des planètes, assoupi pendant le trajet Roussillon – Bollène, se réveille, voit les choses et ne peut les laisser en l’état…

Du côté de la Coucourde, la fragile Triumph fait donc une embardée et se prend de plein fouet la pile d’un pont. Près de Nevers, à Puyloubier pour être précis, la Skoda Superb grise, pneu avant droit éclatant, s’encastre sous un énorme camion. Et 8 morts, d’un seul coup d’un seul, viennent s’ajouter aux statistiques des accidents routiers.

Moralité: quand ta route est tracée, tu dois la suivre.

 

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7 juillet 2016 4 07 /07 /juillet /2016 07:38

Expo Michelle Gouin 2015 (restaurant Tartufo, Lyon)

 

Il s’inquiète de voir exposer des tableaux dans la salle du restaurant. Sa question n’est pas tant de savoir si l’art est cuisine ou la cuisine art. Et qui valorise quoi. A dire vrai, il s’en moque un peu. Il veut connaître combien vont lui coûter les ravioles à la truffe servies à sa belle invitée sous un tableau de Maître.

 

NB. Excellentes les ravioles ! Et le prix raisonnable…

http://michellegouin.com/accueil/

http://www.restaurant-tartufo.com/expositions/

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4 juillet 2016 1 04 /07 /juillet /2016 16:50

Tour vue du Palais de Chaillot (Paris 2014)

 

Il ne pouvait croire à cette théorie -fumeuse- sur l'effacement des traces...

Ni au travail de sape d'un déconstructivisme sournois qui, par le haut (c'est dire!), s'attaquerait aux fondements les plus représentatifs de la cité.

Il devait y avoir une explication plus simple. Qu'il chercha en même temps que la sortie.

 

http://www.citechaillot.fr/fr/musee/galerie_darchitecture_moderne/visite_virtuelle_2/

 

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29 juin 2016 3 29 /06 /juin /2016 09:39

halle des sports, usine Nigay (Feurs)

 

A gauche, une usine? Non! Le coin d'une halle des sports et son revêtement bois.

A droite, le musée d'art moderne? Non! Un bout d'usine à caramel caché dans sa structure métallique.

Le travail serait divertissement et le divertissement travail?

Des lieux déguisés pour un peuple d'enfants?

 

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27 juin 2016 1 27 /06 /juin /2016 14:32

street art (Fourvière 2015, Lyon)

 

Rude grimpette par forte chaleur jusqu'à la basilique de Fourvière depuis la quartier Saint-Jean. On attaque la montée des Chazeaux. A la 185 ème marche, il faut reprendre son souffle. A gauche, une chatte sur un mur brûlant semble dire, à votre âge, pour aller si haut prenez donc en bas ce tramway nommé Ficelle.

 

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25 juin 2016 6 25 /06 /juin /2016 10:06

 Bonhomme (Niederthai, Tyrol)

 

Pas si bonhomme, ce bonhomme autrichien!

Vu de face, il fait froid dans le dos…

On murmure que même l’été, il ne fond pas.

 

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16 juin 2016 4 16 /06 /juin /2016 07:39

Street Art (Lyon 2015, Croix Rousse)

 

C’est quoi? C’est qui?

Vous? Moi? Nous?

Tous ensemble... Tous ensemble... Tous ensemble...

Un postérieur comme futur…Mauvais temps à conjuguer!

 

http://www.lyon-visite.info/street-art-graff-graffitis-tags-pentes-croix-rousse/

http://street-art-lyon.com/19/12/2015/droit-mur-de-retour/

 

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