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27 septembre 2013 5 27 /09 /septembre /2013 13:52

 

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Exposition Lam (été 2013). Auteur?

 

 

Le galet, parfait sous tout rapport, atteignit, par ricochets, la tempe du nageur qui faisait la planche.

 Du rivage, l’enfant, un pied dans l’eau, la main en suspens, vit son père disparaître.


 


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14 septembre 2013 6 14 /09 /septembre /2013 15:28

 

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à Franquin, au Marsupilami...

 

 

 

Dans l’ordre lexical le houbisme reste à proximité du holisme. On ne peut cependant confondre les deux pensées. Certes le   « houba » fondateur est un bon exemple du rayonnement holistique du langage (gashungonomatopeiz, concept-mot, hélas, intraduisible en français), mais il dépasse par son universalité pragmatique la trialectique habituelle somme/tout/partie.

 

« Houba » dit ce qu’il dit et plus que ce qu’il dit, mais dit aussi ce qu’il ne dit pas et davantage encore que ce qu’il ne dit pas, et parfois même en dit moins. Ce surplus de dits, de nondits, de susdits, de sousdits et d’interdits est le dit et le lit du houbisme.

Le houbisme fait de la concomitance pensée-langage  la raison (hershungmixtempversustempozeiz, intraduisible aussi) du désordre conceptuel du monde.

 

Pour faire plus simple, disons que le houbisme voit, dans le malentendu, le fondement des relations humaines. Mais il affirme que de ce bancal, de ce mal dit, de ce pas bien compris, de cet incertain, de cet ambigu, peut naître un  humanisme. Il suffit seulement d’oublier l’inutile et mortelle question du sens. C’est une révolution culturelle.

 

Développé en acte, le houbisme pourrait proposer un nouvel art de vivre.

« Parlez-vous encore et toujours, mais, surtout, ne cherchez pas à   vous comprendre! Encore mieux, taisez-vous! Alors, en vérité, je vous le dis, tout ira mieux ! Houba ! »

 


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10 septembre 2013 2 10 /09 /septembre /2013 16:28

 

 

 

 

boxe       

 

 

         Il écrivit un mot, puis un deuxième…

         A la fin de la nuit était né un poème

         Qu’il adressa à son amie.


 

          Elle lut un mot, puis un deuxième…

          Et s’endormit.

 

 

 

 

 

 The Boxing Ones.  Barry Flanagan

 


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2 septembre 2013 1 02 /09 /septembre /2013 08:27

 

 

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Il s’était équipé au Vieux Campeur. Chaussures, chaussettes, pantalon, chemisette, bob, tout était ultralight. Ses bâtons de marche télescopiques en titane ne pesaient que quelques grammes. Mais, dans le  petit sac de montagne en gore-tex cordura dernier cri, il avait mis un sandwich au jambon cru qu’il s’était fait le matin avec  deux tranches de pain de pays dense et bio qui devaient peser chacune au moins la tonne.

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28 août 2013 3 28 /08 /août /2013 07:54

 

 

 

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Le berger nous avait donné l’adresse à voix basse. C’était une auberge perdue en altitude dans la forêt. Comme plat du soir, il servait, disait-il, un agneau cuit à la broche, tendre et goûteux, mais qu’il fallait manger masqués, les yeux dissimulés par un loup.

 


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25 août 2013 7 25 /08 /août /2013 13:30

 

 

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 C’est la fin des vacances à la montagne. L’instant rituel de la photo du groupe. L'appareil numérique est  posé  sur le rebord de la barrière en bois qui longe le chemin en bas du chalet. Comme toujours, c’est le plus sportif qui prend la photo. Il a placé délicatement des pièces de monnaie sous la base du boîtier, juste ce qu’il faut pour que sur le petit écran apparaisse la totalité du  groupe. Nous nous tenons sagement alignés sur le balcon. Il lui faut ensuite enclencher délicatement le retardateur, surtout sans bouger l’appareil, et il a 10 secondes pour nous rejoindre et être sur la photo. Mais il y a les 4 marches métalliques à grimper, le portillon à franchir et puis les 10 marches en bois avant d’arriver sur la terrasse.  Trop tard ! Il pose le pied sur la dernière marche quand le déclic se fait entendre. Il essaie plusieurs fois. A la troisième tentative, il  y est presque. Sur la photo sauvegardée, on pourra même apercevoir, tout à droite, le bout de deux de ses doigts. Mais il fatigue et se déplace de moins en moins vite. Maintenant, au déclic, il arrive à peine au portillon, et tout en sueur.   

 

Un peu déçus, on va abandonner l’idée, quand, au loin, on entend comme un air de reggae. Au bout du chemin, venant de la montagne, avec sa dégaine, on l’a tout de suite reconnu… C’est Usain Bolt fredonnant du Bob Marley.   En passant devant nous, tout sourire,  avec un  clin d’oeil,  il fait comme s’il tirait à l’arc en visant le ciel.

On lui fait signe de s'arrêter  et  un qui se débrouille bien en anglais lui explique,  il nous faut quelqu’un qui court en moins de 10 secondes pour prendre la photo. Il comprend et, sympa, il accepte. On se remet en place. Il  a pris le petit appareil dans ses grandes mains et l’a porté à son visage. Il  cadre avec précaution et nous demande de sourire, cheese, please, cheese ! On est prêt. Il appuie sur le bouton, regarde l’écran et  fait signe avec le pouce que c’est OK.

 

On est ravis. On l’a enfin notre photo du groupe! Une fois rentrés chez nous, on pourra  la montrer à tout le monde en disant, pas peu fiers, vous ne devinerez jamais qui l’a prise !

 


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1 août 2013 4 01 /08 /août /2013 10:09

 

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Les quelques plantes vertes qui se trouvaient dans la pièce semblaient avoir été laissées à l’abandon depuis le début de l’été, comme livrées à elles-mêmes, les feuilles desséchées, jaunies, poussiéreuses, craquelées par endroits. La fougère avachie dans son pot faisait peine à voir, elle retombait sur sa tige dans une triste parodie de saule pleureur, les feuilles flapies, l’épiderme fripé.

Jean-Philippe Toussaint,  La Télévision   (Les Editions de Minuit)

 

Canicule. Vilain mot pour un sale temps ! C’est bien trouvé. L’esprit s’y dessèche comme la plante. A  ceux qu’on rencontre, on dit, quelle chaleur ! et ils répondent, mais on peut pas se plaindre, on a eu tellement froid ! La boucle est bouclée.

Alors, comme il y a les championnats du monde de natation à Barcelone, on reste allongé sur son canapé devant sa télé à regarder des nageurs nager. Si vite qu’ils portent l’eau à ébullition.


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28 juillet 2013 7 28 /07 /juillet /2013 08:06

 

série noire 2

 

 

Rappel: « Voisins Solidaires » est un dispositif national de mobilisation des habitants pour développer les solidarités de proximité…

 

 

C’est un petit immeuble assez cossu. La première quinzaine d’août, nous ne sommes plus que deux copropriétaires à y vivre. Tous les autres, les couples ou les familles, sont partis en vacances.


En sortant de mon garage, j’avais reculé un peu vite.  Il y a eu le bruit sourd du choc en même temps que l'alerte stridente du radar. Le corps était allongé sur le dos, les bras en croix, la tête juste à hauteur du pare-choc, le visage livide. C’était Fernand Sarrigues. Qui habite au premier étage. Sans doute mort.


La veille, il avait placé une petite affichette dans le hall d’entrée. Il s'y déclarait "voisin solidaire" pendant l’été. Il avait écrit, moi non plus je ne pars pas en vacances cette première quinzaine d’août; si vous avez des problèmes, n’hésitez pas à faire appel à moi aussi.

« voisin solidaire » était en gras et entre guillemets; « moi non plus » et « moi aussi » soulignés en rouge.


Bon, il était sûrement bien mort maintenant, le Fernand ! Il fallait que j’appelle tout de suite  la police et le SAMU mais, avant, je devais vite enlever son affiche qu’il avait punaisée juste à côté de la mienne.


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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 08:46

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"Je suis un enfant trouvé.
 Mais, jusqu’à huit ans, j’ai cru que, comme tous les autres enfants, j’avais une mère, car, lorsque je pleurais, il y avait une   femme qui me serrait si doucement dans ses bras en me berçant, que mes larmes s’arrêtaient de couler."

 Hector Malot  "Sans famille"

 

 

Problèmes de couple, relations mère-fille, cousinades, héritages et autres joyeusetés, ces histoires de famille, depuis le temps que, comme disait l'autre, je hais les familles, avaient tout pour me déplaire ! Je lis pourtant, et voilà qu’elle m’embobine : je me mets à son côté, à sa place par la force d’une  écriture qui m’implique  au-delà du raisonnable. Miracle de cette littérature : en lisant, j’écris !  J’ai donc écrit le livre d’Hélène Lenoir* comme un roman policier, vite, d’une seule traite, essoufflé, le cœur battant, pressé d’en finir.

En finir…C’est que le roman  fait (re)surgir dans l’intime (et de quelle manière !) ce que nous disent les statistiques de la police et de la gendarmerie : la famille est le lieu le moins sûr, le plus violent, le plus criminogène.  

La famille, pour son salut, il faut la fuir!

 

Sain message, beau roman, grand écrivain. Encore une fois, merci Minuit.

 

*Hélène Lenoir "Pièce rapportée" (Les Editions de Minuit)


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31 mai 2013 5 31 /05 /mai /2013 14:04

 

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Il pleut tellement et depuis si longtemps qu’on pourrait avoir oublié le désir de pluie…

 

 

Je sais que peu de gens auront jamais, dessous un ciel aussi lourd, échangé de telles confidences…Serait-ce du ciel qu’il me faut espérer la résolution de ceci? Il ne vient pas. La nuit est veuve. A des gouttes qui flaquent sur mes dalles, je sens enfin que toute la nue se détend, et qu’il pleut,- Il pleut enfin!
Alors, nu sous un vêtement de soie impalpable, de soie chinoise pour l’été, je reçois la grande averse, et, rafraîchi, je m’en vais,-enfin-dormir, détendu.

 
René Leys . 
Victor Segalen, Gallimard (l'Imaginaire)

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