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18 novembre 2015 3 18 /11 /novembre /2015 15:24
On n'est pas sérieux...

- Ce soir-là,...-vous entrez aux cafés éclatants,

Vous demandez des bocks ou de la limonade...

On n'est pas sérieux...

Extrait "Roman" d'Arthur Rimbaud
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18 décembre 2014 4 18 /12 /décembre /2014 15:38
Balle (Druids Glen, Irlande 2013)
Balle (Druids Glen, Irlande 2013)

Il arriva au départ du 13. Trou classé le plus difficile. Et il l’était. Il n'avait ici que rarement réussi le par. C’était souvent bogey, voire double ou triple, parfois même, ensablé dans un bunker, l’humiliation de ne pas finir et devoir alors mettre une croix sur la carte de score. Le début était étroit, bordé de buissons de ronces, en légère montée. Ensuite, il y avait ce dog-leg à gauche presque à angle droit qu’il fallait négocier en aveugle. Ne joue pas trop long, ni trop court, ni trop bas!

Il posa la balle sur le tee, vérifia qu’elle était à la bonne hauteur, se recula lentement et regarda le ciel, à l’horizon, au-dessus de la forêt. Regarde toujours le ciel avant de frapper! Il s’avança et respira profondément. Une fois en position, le buste incliné, les pieds légèrement écartés, les yeux fixés sur la balle, il devait s’arrêter de penser, faire corps avec le driver et le laisser aller. C’était l’instant critique. Surtout ne pense plus. Ne pense même plus qu’il ne faut pas penser !

A l’impact, il y eut un joli bruit. Puis une belle et longue trajectoire sur la gauche, légèrement incurvée. La balle passa la ligne des arbres et disparut. Son cœur battait très fort. As-tu réussi le swing parfait? Il marqua en tremblant son coup sur la carte -Joueur consciencieux et méthodique, il inscrivait tous ses coups joués - et la remit soigneusement dans la petite poche haute de son sac en la laissant légèrement dépasser afin qu’il puisse après chaque coup joué aisément s’en saisir. Il était maintenant pressé de savoir où était allée sa balle, mais en joueur avisé, il ne changea pas le rythme de ses pas. Au rythme de tes pas tu conduiras ta vie !

Il jouait souvent seul, conscient qu’il est difficile de partager avec quiconque cette idée qu’il n’y a rien de plus important dans la vie qu’une partie de golf. Seul donc, au milieu des lapins, des hérons, des écureuils, des ragondins, des oiseaux, des putois, tous occupés de leur survie, il était homo sapiens, heureux de faire avancer avec précaution par monts et par vaux vers d’improbables drapeaux une petite balle blanche parfaitement inutile.

Il aimait croire - le crois-tu vraiment ?- que cette disposition à la futilité distinguait l’homme des autres espèces animales. Il aimait aussi porter son sac sur les épaules comme un jeune homme.

Sur le trou 8, en contrebas, il aperçut Harmide et Jean-José. On aurait dit des gravures de mode sorties d’un catalogue spécial sport, sur papier glacé, du Bon Marché Paris (rive gauche). Il se tassa et vite tourna le dos pour ne pas être obligé d’aller les saluer.

Elle avait un putter plaqué or au maillet incrusté de diamants. Lui, un chariot-robot-caddie à pilotage automatique qui en plus de transporter son sac en cuir Louis Vuitton lui indiquait à haute voix et dans un pur anglais d’Oxford, en fonction de l’endroit où il se trouvait, de l’humidité de l’air, de la température, de la force du vent, de la nature et de l’état du sol (ce chariot possédait au moins 1000 capteurs !) quel club il devait prendre et comment il devait le jouer.

Ce couple donnait du golf l'image socialement terrifiante que le commun des mortels qui n’y joue pas s’en fait. Notre golfeur solitaire, homme de gauche pondéré, les évitait prudemment, persuadé qu’être vu, ne serait-ce qu’un instant en leur compagnie, l’aurait condamné à coup sûr à avoir la tête tranchée pour trahison de la classe ouvrière et collusion avec l’ennemi si un jour Jean-luc Mélenchon et le Front de Gauche prenaient les commandes du pays. Souvent, pour se faire pardonner, il avançait sur les fairways en sifflotant l'internationale.

Il tourna sur sa gauche. Il avait enfin dépassé le virage. Il scruta le sol devant lui. Sa balle était là, bien visible au milieu du fairway. Il sourit. Le second coup serait difficile avec le cercle de bunkers qui protégeait le green et l’étang sombre au fond. Ne joue surtout pas trop long! Il prit son fer 6, qu’il aimait bien, caressa la lame du bout des doigts, fit quelques essais. L’herbe était douce, un vrai tapis. Schlaff ! Escalope magnifique, coup réussi. La balle s’éleva très haut, se posa sur le green, glissa un peu vers le drapeau. Pour la première fois sur ce trou, il pourrait jouer birdie !

La balle était à environ un mètre du trou. Il releva son pitch, enleva le drapeau, prit son temps pour étudier le green, voir s’il y avait une pente. Apparemment il n’y en avait pas. Joue droit! Le coup était facile. Immanquable ! Il en avait rentré des centaines comme ça. Mais il en avait aussi raté quelques-uns. Un putt d’un mètre à peine, ce serait trop bête ! Une occasion comme ça ne se représenterait pas. Il enleva la protection de son putter, se mit en place, tourna plusieurs fois la tête vers le trou, imagina la trajectoire idéale, puis s’immobilisa. Il fallait y aller maintenant, ne pas attendre plus longtemps, ne pas se crisper. Très ému, la respiration bloquée, les mains délicatement jointes sur le grip, il lança le court balancement des bras vers l’arrière puis,au retour, la face traversa lentement la balle au cœur.

Ta vue se brouille, tes jambes fléchissent. Tu comprends. Ta surprise est que toute ta vie ne défile pas en cet instant. Mais, quelle importance! Tu ne regrettes rien! Sauf de ne jamais savoir où finit la course.

Dix minutes plus tard, les joueurs de la partie suivante trouvèrent l’homme mort sur le green du 13. La balle était dans le trou. Un des golfeurs prit la carte de score qui dépassait de la poche haute du sac. Il vit que tous les coups étaient consignés. Alors, machinalement, il sortit son crayon et marqua le birdie. Puis souleva sa casquette.

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11 novembre 2014 2 11 /11 /novembre /2014 14:27
clinique du Parc
clinique du Parc

Les jours qui précèdent…

Le gastro-entérologue.
A moi qui m’inquiète de ce qu’est une coloscopie, il répond gentiment :
- On vous met une petite caméra dans le cul pour voir ce que vous avez dans le ventre.

L’anesthésiste.
C’est un pe
tit homme pressé, inaudible et sournois.
Un comble : depuis sa consultation, je ne ferme plus l’œil de la nuit. A-t-il seulement tous ses diplômes?

La veille…

La panoplie.
Pyjama, robe de chambre, pantoufles : que du neuf pour le vieux !

Le dernier repas.
A 18 heures, une soupe de semoule précise : on a compté les grains.

Le jour « J »...

Le voisin de chambre.
12 colos, 3 ulcères, 2 occlusions et une rectocolite …
Moi je dis « Respect ! ». Avec mes amygdales et mes végétations comme unique fait d’armes, je suis un débutant.

L’infirmière.
Elle est souriante, et même quand elle ne sourit pas, je lui prête un sourire tellement j’ai besoin qu’elle sourit.

Choc corridor.
Dans le couloir qui mène au bloc, allongé sur le chariot, déjà froid, j’entends :
- Arrêt cardiaque ! arrêt cardiaque !
Mon cœur s’affole. Je retiens mon souffle.
- Arrêt cardiaque au troisième étage.
Ouf ! Je suis sauvé ! Nous sommes au quatrième…Pas de compassion à cet instant entre souffrants. Plutôt lui que moi. Conscience quand même avant de m’endormir d’être un petit salaud…

Salle de réveil...

- Réveillez vous Monsieur ! Réveillez vous Monsieur !
Que ce « Monsieur » fait plaisir…
- Je me réveille Madame, je me réveille Madame.
Exquise politesse de la vie…

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11 novembre 2014 2 11 /11 /novembre /2014 13:56
clinique du Parc
clinique du Parc

Pour mon mal d'épaule persistant, on m'a conseillé ce centre médical.

Je comprends tout de suite mon erreur : dans la salle d’attente il n’y a que du jeune, du beau, du lourd, du musclé. De quoi j’ai l’air, moi, au milieu de ces corps bodybuildés?

La secrétaire, à l'accueil, elle aussi, s'est trompée, Monsieur, vous accompagnez qui?

Le médecin lui, a la tête de l’emploi, type brute spécialisée dans la préparation physique des piliers de rugby. Il me "soupèse" d’un œil dubitatif. Visiblement mon morphotype est ici inconnu...

Et vous faites encore du sport?... Alors je lui récite mon passé glorieux de sportif, j’ai été 30/3, il y a 20 ans, au tennis, et présentement, je suis en passe d’obtenir ma carte d’autorisation de parcours au "6 trous" du golf municipal. Le toubib sourit, il aura quelque chose de drôle à raconter ce soir à ses amis.

Capsulite rétractile, il a diagnostiqué, pas grave mais long, très long, surtout à votre âge... un an, parfois deux, parfois trois, et un risque certain d’avoir le même problème sur l’autre épaule ensuite. Il se veut rassurant, mais après, au moins, vous serez tranquille!

En douce, je fais mon compte et je me réjouis tristement: je pourrais donc, avec un peu de chance, avoir mon autorisation de parcours au golf municipal en fin de vie…

Il me reconduit, soudain gentil, comme s’il accompagnait un vieil oncle à la porte de sa maison de retraite. Soyez patient et surtout pas de geste brusque! me conseille-t-il en me donnant une poignée de main vigoureuse qui m'envoie dans tout le corps une atroce douleur.

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29 novembre 2013 5 29 /11 /novembre /2013 10:12

 

 

 foot

Fragment du mur de Dan Perjovschi

Dessin à la craie

(Xème Biennale d'art contemporain de Lyon)

 

 

 

 

 

 

 

 

Il se jouait de la complexité des surfaces de réparation, manquait tomber au point de penalty,  gardait comme  par miracle dans les pieds le ballon qu’il accompagnait ensuite, tandis que s’enflait la rumeur de la foule, dans l’entrelacs des jambes et des corps adverses jusqu’au fond des filets. Cet avant-centre aimait l’inextricable.


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26 novembre 2013 2 26 /11 /novembre /2013 14:28

 


OL.jpg

 

 

Elle le traitait comme un caniche, lui demandait des petits baisers, désignait avec le doigt le coin de la bouche où il devait les poser. Elle lui faisait porter aussi son minuscule sac.

Un dimanche après-midi où il avait prévu d’aller voir jouer « les verts » contre l’OL à Geoffroy-Guichard, un derby, ça ne se manque pas ! Elle insista, j’aimerais tant que tu restes avec moi. Comme il hésitait, elle posa l’ultimatum,  c’est moi ou le foot !

 

Tout se décida en fin de seconde mi-temps :  à la 81ème minute, Rachid Mekloufi donna la victoire aux stéphanois. Alors, dans la tribune Henri Point, il se dressa, bras levés, poings serrés, et hurla sa joie.

 


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5 novembre 2013 2 05 /11 /novembre /2013 12:44

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La dernière fois quand je lui avais dit que j’étais malade, le médecin l’avait mal pris. Visiblement, je lui faisais soucis. A tous les  maux que je  sortais, il répondait, c’est nerveux ! la tête ? Nerveux ! Le ventre?  Nerveux ! Les genoux ? Nerveux ! La tension ? Nerveux ! Le cholestérol ? Nerveux !  Il avait conclu, très énervé,  mais puisque je vous dis que c’est nerveux !


Moi, je suis pas bête! Je comprenais bien que je l’agaçais, que si j’étais malade, c’était évidemment pas de sa faute! Que c’était la mienne! Qu’il fallait que je prenne  sur moi ! Que mes symptômes le fatiguaient  grave. Et c’est vrai que mon toubib, à son âge, dans son état, avec tous ces gens qui venaient gémir et tousser chez lui, je comprenais qu’il soit fatigué.   Malgré la fièvre (j’avais alors un bon 40, mais c’est nerveux, il avait dit), on s’était quitté un peu en froid.

 

Cette fois j’ai bien retenu la leçon.   Quand il a ouvert la porte de son cabinet et qu’il m’a demandé sur un ton déjà accablé,  alors c’est quoi encore qui ne va pas ? J’ai tout de suite répondu, tout va bien, rassurez-vous, docteur, tout va bien!   Ça l’a mis de bonne humeur. Il était soulagé, détendu. Jamais je n’avais vu pendant  consultation  toubib  si reposé. J’étais enfin un bon patient ! On a mis de côté toutes les petites questions indiscrètes sur ma santé, on a laissé tomber l’auscultation.  Assis à son bureau, on n’a parlé que de la pluie et du beau temps et il m’a signé sans rechigner l’ordonnance que j’avais préparée. Il y avait dessus toutes les drogues, gélules, pastilles, crèmes merveilleuses qui me font rêver. J’avais préparé aussi les 23 euros de la consultation pour qu’il n’ait  pas la peine de chercher la monnaie et je n’avais pas oublié ma carte vitale, oubli qui avait le don de le contrarier. 

 

Quand, au bout de 5 minutes, je suis sorti,  il m’a dit, tout sourire, c’est vraiment un plaisir de vous soigner, revenez quand vous voulez ! J’étais heureux. J’aime  quand mon médecin m’aime.


 

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4 novembre 2013 1 04 /11 /novembre /2013 14:09

 

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Boulevard de la Croix Rousse, à la terrasse d’un café, un beau matin d’été. Je bois mon crème en  parcourant les nouvelles du jour. Je me sens bien.


Tu te souviens de moi ?

 Je lève la tête. C’est un vieil homme que je ne connais pas. J’hésite. Je ne veux pas le vexer, je mens, oui bien sûr !

On était à l'école normale ensemble.

 A la norm ! Ça y est, j’y suis, ses yeux me disent vaguement quelque chose, mais ça fait près de 50 ans …

Lui, en revanche m’a clairement identifié, tu n’as pas changé ! Oui, d'accord, des cheveux  gris, comme tout le monde !   Mais te plains pas ! ...Il se tapote le crâne... Au moins, à toi, il t'en reste des cheveux !... Non, franchement, tu n’as pas changé !  

Il se rappelle même  mon surnom, coco !... Ça me fait trop plaisir de te revoir mon petit  coco !... Ah coco, si on m’avait dit ! ...Tu permets ? Tandis qu’il s’assoit à mes côtés, sans doute conscient de mon trouble, il précise, Fernand, Fernand Grosbois... Tu te souviens? 

Je mens une nouvelle fois, oui, oui très bien ! ...Fernand, bien sûr, Fernand !... Je me souviens !

   Alors, comme inquiet, il m’attrape par la manche, t’en as revu des copains de promo ?...C’est que, tu sais...Il approche son visage et baisse la voix... Il y en a beaucoup qui sont… Il s’interrompt. Avec son pouce, il me montre le ciel et comme visiblement je semble ne pas comprendre, il ajoute, beaucoup sont partis, tu sais…

Et là, il commence à  citer dans l’ordre alphabétique  les noms et prénoms de tous ceux qu’on a connus à cette époque et qui sont morts.   Accidents, infarctus, hémorragies cérébrales, cancers, leucémies, tout y passe ! Sa mémoire  est redoutable. C’est terrifiant ce don qu’ont certains de vous accabler de mauvaises nouvelles !

 Je ponctue sobrement  par des  « Oh, c’est pas vrai ! » ou des « Ah ! Et ben dis ! » les morts qu’il m’annonce. Et même si j’ai souvent du mal à donner un visage à chaque nom, je sens qu’à la longue sa liste funèbre commence à m’éprouver.

Mais quand j’entends, Albert Trillamin,  là, je suis formel,  non, non, il n’y avait pas d’Albert  dans la promo !  Albert, ça m’aurait marqué, c’est le prénom de mon frère ! Je lui dis ça, triomphant,  tout ragaillardi, comme si  je venais de sauver une vie ! Enfin un mort qui n’était pas des nôtres ! C’était Jean-Paul, Jean-Paul, pas Albert, j’en suis sûr !

Lui dubitatif réfléchit,  Jean-Paul Trillamin ? Oui, oui… Tu as raison…Je me suis trompé ! Dans notre promo c’était effectivement  Jean-Paul et pas Albert… Voilà, j’y suis…Albert, c’était le petit  cousin… Mais de toute façon, ça change rien, le pauvre Jean-Paul, lui aussi, il est… Il montre le ciel avec son pouce…Jean-Paul, lui, il s’est suicidé.


Boulevard de la Croix Rousse, à la terrasse d’un café, un beau matin d’été. Je me sens mal. 


 

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4 octobre 2013 5 04 /10 /octobre /2013 15:58

 

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Les fêtes, ça n’avait jamais été pour eux. On ne les invitait pas. Au village, on disait qu’ils plomberaient l’ambiance. Que le plaisir, la joie, le bonheur n'étaient pas faits pour eux. On disait que, pour cette famille, simplement sourire  semblait péché mortel!

 

Prudence et Sévère, les enfants,  étaient désespérés: même avec des moustaches, Père et Mère ne pouvaient passer pour des rigolos! Aucun artifice ne sauverait les apparences. Leurs parents donnaient de la probité et de l'ordre moral  une image terrifiante comme si leur vertu était le mal absolu.

 

 

 


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29 septembre 2013 7 29 /09 /septembre /2013 10:41

 

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Fête au village. Flonflons au kiosque. Petite foule autour. On se retrouve des années après, on se reconnaît, on se salue.  Mais toi tu restes toujours le même ! Si, si, je t’assure ! Les cheveux un peu gris, mais la même silhouette, la même allure ! 

On s'interroge. Et ta retraite ? Et ta prostate ? Pourvu que ça dure ! 

On se fait la bise. Les enfants sentent un peu l’urine, les hommes le ricard, les femmes la transpire. On revoit partout d’anciens jeunes traînant des mômes partis pour faire de vilains vieux.  

On se pense: « Mon dieu est-ce possible ? » .

Il n’y a là, comme dirait l'acteur Luchini, que du méchant, du vilain, du gros, de l’affreux, du très lourd.

 

 Mais soudain l’orchestre joue un air italien des années 70, et c’est reparti pour un petit tour de jeunesse. On se souvient. Les lunettes noires, la fiat 500, l’égérie brune, nos vies en rose.



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