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12 janvier 2020 7 12 /01 /janvier /2020 16:15
ceci n'est pas un corbeau, art home, sept 2016 (photo privée jmg)

 

Un petit écureuil  s’arrête sur une haute branche.  Au pied de l’arbre, un renard qui l’observe lui dit…

 

- Et bonjour, Monsieur l' Ecureuil !  Que vous êtes joli, que vous me semblez beau! Sans mentir si votre…

Le petit écureuil, qui connaît ses classiques, à ces mots l’interrompt,

- Maître Renard, que me contez-vous là? Je ne suis pas corbeau et n’ai point de fromage!

- C’est vrai, répond  le renard, mais pourquoi inventer une nouvelle fable? Je n’aime pas les noisettes.

 

Moralité: comprenne qui pourra.

 

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25 février 2018 7 25 /02 /février /2018 16:50
Cité du design Saint-Etienne avril 2017 (Photo privée jmg)

 

Deux semaines pour lire tout Proust! C’est la confidence faite par Gérard Collomb lors d’un entretien accordé le 21 février au journal « Le Parisien ». On était en mai 68 (ce n’est pas une excuse!), et il avait alors 21 ans.

Peut-on lire  Proust à la va vite comme s’il s’agissait d’un auteur de roman policier? Cette impatience de rattraper le temps perdu à le chercher n’est-elle pas une impolitesse majeure faite à une oeuvre qui justement prend tout son temps pour le  trouver? Plus qu’une impolitesse, un contre-sens?

Le ministre de l'Intérieur  mérite sa place dans le livre des records… Sans doute a-t-il mis à peine une heure et 53 minutes, le temps d’un trajet Lyon-Paris en TGV pour lire « Guerre et Paix » faisant de Tolstoï  un écrivain  de gare et du dernier Goncourt un  arrêt-minute!

On connaissait la littérature à l’estomac, voilà la littérature au chronomètre. Question lecture, Collomb n'est pas en marche,  il court, et vite!

Prenons donc le temps du thé de l'après-midi et toute une vie pour lire Proust.

 

…Odette fit à Swann « son » thé, lui demanda : « Citron ou crème ? » et comme il répondit « crème », lui dit en riant : « Un nuage ! » Et comme il le trouvait bon : « Vous voyez que je sais ce que vous aimez. » Ce thé en effet avait paru à Swann quelque chose de précieux comme à elle-même, et l’amour a tellement besoin de se trouver une justification, une garantie de durée, dans des plaisirs qui au contraire sans lui n’en seraient pas et finissent avec lui, que quand il l’avait quittée à sept heures pour rentrer chez lui s’habiller, pendant tout le trajet qu’il fit dans son coupé, ne pouvant contenir la joie que cet après-midi lui avait causée, il se répétait : « Ce serait bien agréable d’avoir ainsi une petite personne chez qui on pourrait trouver cette chose si rare, du bon thé. »

Extrait de  « À la recherche du temps perdu Tome II »
Marcel Proust

 

http://www.leparisien.fr/politique/immigration-terrorisme-police-du-quotidien-les-mises-au-point-de-gerard-collomb-20-02-2018-7570554.php

 

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16 juin 2016 4 16 /06 /juin /2016 07:14
La Loire (Feurs, Randan)
La Loire (Feurs, Randan)

Rien qu'un simple cygne sur l'eau. Un cygne sans jeu de mot.

C’est bien, ça repose, ce n’est pas de la littérature.

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18 janvier 2014 6 18 /01 /janvier /2014 15:08

 

 lignes

 

 

L'article du blog ne va pas, il clique sur la fonction "supprimer".  C'est pratique. Il se refait une virginité à bon compte.

Il a de plus en plus de plaisir à supprimer ce qu'il  écrit. De là à n'écrire que pour le plaisir de voir disparaître ce qu'il écrit... La tentation du blog invisible?

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11 novembre 2013 1 11 /11 /novembre /2013 09:43

 

  Rosset

 

 La dame dit qu’elle projetait de monter une petite société pour vendre des cuves. Voulant préciser, elle hésita, cherchant ses mots, des citernes…des réservoirs…  

Son concept marketing semblait flou, mais il comprit qu’elle ne pouvait dire simplement « fosse septique ». Comme si percevant ce décalage  entre l’élégance de sa mise,  la finesse de son visage, l’harmonie de sa bouche et la trivialité du propos, elle en éprouvait une gêne qui lui interdisait de prononcer certains mots. Alors, dans la conversation, il improvisa sur le plaisir du texte, citant Barthes et Rosset. Les yeux de la dame brillèrent, elle buvait ses paroles. Ça marchait ! Il avait touché juste : cette jolie  femme d’affaires était sensible aux mots.  

Il rêva que demain, peut-être, s’il poussait plus loin sa littérature…


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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 08:46

famille.jpg

 

 

"Je suis un enfant trouvé.
 Mais, jusqu’à huit ans, j’ai cru que, comme tous les autres enfants, j’avais une mère, car, lorsque je pleurais, il y avait une   femme qui me serrait si doucement dans ses bras en me berçant, que mes larmes s’arrêtaient de couler."

 Hector Malot  "Sans famille"

 

 

Problèmes de couple, relations mère-fille, cousinades, héritages et autres joyeusetés, ces histoires de famille, depuis le temps que, comme disait l'autre, je hais les familles, avaient tout pour me déplaire ! Je lis pourtant, et voilà qu’elle m’embobine : je me mets à son côté, à sa place par la force d’une  écriture qui m’implique  au-delà du raisonnable. Miracle de cette littérature : en lisant, j’écris !  J’ai donc écrit le livre d’Hélène Lenoir* comme un roman policier, vite, d’une seule traite, essoufflé, le cœur battant, pressé d’en finir.

En finir…C’est que le roman  fait (re)surgir dans l’intime (et de quelle manière !) ce que nous disent les statistiques de la police et de la gendarmerie : la famille est le lieu le moins sûr, le plus violent, le plus criminogène.  

La famille, pour son salut, il faut la fuir!

 

Sain message, beau roman, grand écrivain. Encore une fois, merci Minuit.

 

*Hélène Lenoir "Pièce rapportée" (Les Editions de Minuit)


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31 mai 2013 5 31 /05 /mai /2013 14:04

 

gris.jpg

 

 

 

Il pleut tellement et depuis si longtemps qu’on pourrait avoir oublié le désir de pluie…

 

 

Je sais que peu de gens auront jamais, dessous un ciel aussi lourd, échangé de telles confidences…Serait-ce du ciel qu’il me faut espérer la résolution de ceci? Il ne vient pas. La nuit est veuve. A des gouttes qui flaquent sur mes dalles, je sens enfin que toute la nue se détend, et qu’il pleut,- Il pleut enfin!
Alors, nu sous un vêtement de soie impalpable, de soie chinoise pour l’été, je reçois la grande averse, et, rafraîchi, je m’en vais,-enfin-dormir, détendu.

 
René Leys . 
Victor Segalen, Gallimard (l'Imaginaire)

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15 février 2013 5 15 /02 /février /2013 10:04

 

aerateur.jpg

 

 

« À dix ans j’étais déjà vieux. Beaucoup plus tard, ensuite, j’ai rajeuni. Mais il m’en est resté le désenchantement qu’apportent les expériences précoces. Il arrive encore que je m’emballe bien sûr. Mais c’est presque toujours comme dans ces rêves,  où l’on sait que tout a lieu trop tard. On me dit quelquefois : « Tiens, vous n’êtes donc jamais allé en Amérique ? » Je m’en excuse sur le manque de temps, d’argent, d’occasions. Comment, sans que l’on croie à une plaisanterie, ajouter que je connais ? Evidemment, je parle de la vraie Amérique, celle où en fait on ne peut aller, c’est à dire de cette palissade brune et de ce terrain vague violâtre, avec un fond de maisons en escalier. Le reste n’est qu’anecdote. J’ignore de quelle façon la vraie Amérique se dérobe à ceux qui paraît-il en sont revenus. Il serait difficile de les convaincre que leur Amérique immense et réelle n’a pas de rapport avec la vérité »

          Jacques Réda, L’herbe des talus, Gallimard

    

Il était né « has been ». Se définissait lui-même comme un « passe-temps ». Pouvait rester des journées entières à observer les grilles des aérateurs. Il prenait l’air. Respirait le temps.

Il utilisait l’imparfait, même du subjonctif, ne mettait ni photos ni musiques. Ses écrits sentaient le vieux à plein nez. Quand il tapait sur le clavier, il portait son tee shirt délavé, celui avec l’inscription « I love Bove ».

Pour la fête des pères, et même s’il n’avait pas d’enfant, il s’était fait offrir un moule à madeleines en silicone.

Ainsi équipé, avec son Mac et ses allergies aux pollutions chimiques, il avait tout pour devenir le Proust de la modernité.

 


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23 janvier 2013 3 23 /01 /janvier /2013 17:09

cabane.jpg

 

 

"Je suis empereur d'une berge, seigneur de mes chiots, roi des Cèdres du Nord, protecteur des mésanges, allié des lynx et frère des ours. je suis surtout un peu gris, parce que après deux heures d'abattage de bois, je viens de m'envoyer un fond de vodka."


"Dans les forêts de Sibérie"  Sylvain Tesson  (Gallimard)


 

Le problème de Sylvain Tesson, c’est son père Philippe, une des plus belles têtes à claques du PAF (paysage audiovisuel français) avec FOG (Franz-Olivier Giesbert). On comprend mieux  les besoins de  voyages longs et de solitude profonde du fils quand on connaît la logorrhée du père.

 

Lettres de Sibérie plutôt réussies quand Tesson  raconte les petites choses de  sa vie quotidienne d'ermite dans une cabane isolée sur les rives du lac Baïkal et parle de ses rencontres  avec ses voisins russes. Et puis, on ne peut être qu'admiratif d'un écrivain capable de couper du bois pendant deux heures ! 

 

Sibérie ou pas, la solitude conduit à faire de trois fois rien une aventure. Quand on est seul,  chaque instant est là pour tenir compagnie. Instinct de survie du solitaire?  Retour de l'écrivain aux origines de la littérature?  Les deux, sans doute, mon capitaine!

On lira le bouquin de Tesson comme un roman d'aventures ou/et comme la thérapie d'un individu qui s'est sorti du groupe (on comprend mieux les besoins de voyages longs et de solitude profonde du fils..etc. etc)

 

Le livre de Tesson requiert un lecteur "à point", comme on dit d'un steak. Pour l'apprécier à sa juste valeur, il faut le lire au bon moment et au bon endroit. Mais, il y a des Baïkal partout, surtout en Auvergne. Choisissez la bonne rive. 

 

 


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19 août 2012 7 19 /08 /août /2012 09:01

 

velo-an-1.jpg

 

 
Saint-Etienne, jardin public de Badouillère, année 58, jeu d'enfants. 

D’une pichenette (le pouce fait ressort avec l’index), les gamins accroupis envoient leurs billes le plus loin possible. A l’ombre d’un arbre, ils ont tracé à la main un circuit sinueux  sur la terre  de l’allée qui conduit tout droit à la Grand Rue.  Chacun donne à sa bille  le nom d’un coureur : la mienne, rugueuse, mal dégrossie, c’est Gastone Nencini (il devait gagner le Tour de France en 1960). Mais comme je suis maladroit et que celui qui finit dernier la course doit abandonner sa bille aux autres copains, je laisse prudemment  ma bille Anquetil à la maison. Toujours. Je la garde précieusement dans la vitrine de mon lit cosy. C’est la sphère la plus colorée, la plus lumineuse, la plus parfaite. Elle irise d’or mes rêves.

 

 Anquetil, Fournel et moi.

Contrairement à Echenoz avec  Zatopek (Courir), Fournel avec Anquetil (Anquetil tout seul) ne touche pas l’universel. Vous l’avez compris, son livre est fait tout exprès pour moi. Le 12 octobre 1958, j’avais 10 ans, j’habitais à deux pas du Vel d’hiv, rue Désiré Claude, et je témoigne : Anquetil courut bien ce jour-là à Saint-Etienne. J’y étais et je l’ai vu et j’ai vu Paul Fournel.

Si vous voulez en savoir plus sur cette mémorable journée, lisez son livre jusqu’à la dernière page.


"Anquetil tout seul" Paul Fournel (Seuil)          "Courir" Jean Echenoz (Minuit)

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