Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
16 juin 2016 4 16 /06 /juin /2016 07:14
La Loire (Feurs, Randan)
La Loire (Feurs, Randan)

Rien qu'un simple cygne sur l'eau. Un cygne sans jeu de mot.

C’est bien, ça repose, ce n’est pas de la littérature.

Repost 0
Published by Emile Gillmo - dans Littérature
commenter cet article
18 janvier 2014 6 18 /01 /janvier /2014 15:08

 

 lignes

 

 

L'article du blog ne va pas, il clique sur la fonction "supprimer".  C'est pratique. Il se refait une virginité à bon compte.

Il a de plus en plus de plaisir à supprimer ce qu'il  écrit. De là à n'écrire que pour le plaisir de voir disparaître ce qu'il écrit... La tentation du blog invisible?

Repost 0
Published by Emile Gillmo - dans Littérature
commenter cet article
11 novembre 2013 1 11 /11 /novembre /2013 09:43

 

  Rosset

 

 La dame dit qu’elle projetait de monter une petite société pour vendre des cuves. Voulant préciser, elle hésita, cherchant ses mots, des citernes…des réservoirs…  

Son concept marketing semblait flou, mais il comprit qu’elle ne pouvait dire simplement « fosse septique ». Comme si percevant ce décalage  entre l’élégance de sa mise,  la finesse de son visage, l’harmonie de sa bouche et la trivialité du propos, elle en éprouvait une gêne qui lui interdisait de prononcer certains mots. Alors, dans la conversation, il improvisa sur le plaisir du texte, citant Barthes et Rosset. Les yeux de la dame brillèrent, elle buvait ses paroles. Ça marchait ! Il avait touché juste : cette jolie  femme d’affaires était sensible aux mots.  

Il rêva que demain, peut-être, s’il poussait plus loin sa littérature…


Repost 0
Published by Emile Gillmo - dans Littérature
commenter cet article
3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 08:46

famille.jpg

 

 

"Je suis un enfant trouvé.
 Mais, jusqu’à huit ans, j’ai cru que, comme tous les autres enfants, j’avais une mère, car, lorsque je pleurais, il y avait une   femme qui me serrait si doucement dans ses bras en me berçant, que mes larmes s’arrêtaient de couler."

 Hector Malot  "Sans famille"

 

 

Problèmes de couple, relations mère-fille, cousinades, héritages et autres joyeusetés, ces histoires de famille, depuis le temps que, comme disait l'autre, je hais les familles, avaient tout pour me déplaire ! Je lis pourtant, et voilà qu’elle m’embobine : je me mets à son côté, à sa place par la force d’une  écriture qui m’implique  au-delà du raisonnable. Miracle de cette littérature : en lisant, j’écris !  J’ai donc écrit le livre d’Hélène Lenoir* comme un roman policier, vite, d’une seule traite, essoufflé, le cœur battant, pressé d’en finir.

En finir…C’est que le roman  fait (re)surgir dans l’intime (et de quelle manière !) ce que nous disent les statistiques de la police et de la gendarmerie : la famille est le lieu le moins sûr, le plus violent, le plus criminogène.  

La famille, pour son salut, il faut la fuir!

 

Sain message, beau roman, grand écrivain. Encore une fois, merci Minuit.

 

*Hélène Lenoir "Pièce rapportée" (Les Editions de Minuit)


Repost 0
Published by Emile Gillmo - dans Littérature
commenter cet article
31 mai 2013 5 31 /05 /mai /2013 14:04

 

gris.jpg

 

 

 

Il pleut tellement et depuis si longtemps qu’on pourrait avoir oublié le désir de pluie…

 

 

Je sais que peu de gens auront jamais, dessous un ciel aussi lourd, échangé de telles confidences…Serait-ce du ciel qu’il me faut espérer la résolution de ceci? Il ne vient pas. La nuit est veuve. A des gouttes qui flaquent sur mes dalles, je sens enfin que toute la nue se détend, et qu’il pleut,- Il pleut enfin!
Alors, nu sous un vêtement de soie impalpable, de soie chinoise pour l’été, je reçois la grande averse, et, rafraîchi, je m’en vais,-enfin-dormir, détendu.

 
René Leys . 
Victor Segalen, Gallimard (l'Imaginaire)

Repost 0
Published by Emile Gillmo - dans Littérature
commenter cet article
9 mai 2013 4 09 /05 /mai /2013 15:18

 lignes2

 

 

Avant lecture  

Alors, littérature ou pas? Il y a querelle d'experts à Paris (St Germain) pour nous dire ce qu'il faut en penser, question littérature, du bouquin de Marcella Iacub.

De la littérature? Telle est en effet la question! Ceux qui refusent au livre de Iacub (souvent sans l'avoir lu) le droit d'en être le font en énonçant 3 interdits.

Ne peut-être littéraire : 

1) Un écrit qui  touche à DSK 

2) Un  écrit qui part d’une situation provoquée par son auteur 

3) Un écrit qui fait le buzz et sa publicité dans les médias.

 

Pour ces  censeurs, pas de littérature possible  sans  une  éthique  de l’œuvre, c'est à dire sans une éthique de son objet, de sa genèse  et de sa communication … On a envie de leur demander : et le texte ? Parlez-nous un petit peu du texte ?  Peut-on sérieusement définir la qualité d’un jus d’orange en ne parlant que de la forme de son emballage, de sa publicité, des conditions de travail de ceux qui ont récolté les fruits,  de la trace carbone de son transport, de l’addiction éventuelle du consommateur,   et faire l’impasse sur le goût du jus et l’analyse  de sa composition ?

On me répondra que la littérature n'est pas du jus d'orange. Justement. Peut-on imaginer sérieusement une littérature estampillée Bio, Ecocert, Max Havelaar comme un produit alimentaire! 

 

Et nous, les petits, les obscurs, aurons-nous le droit de nous faire une idée?  Virginie Despentes dans une chronique du Monde des livres règle son compte à un éventuel lecteur du bouquin de Iacub.  Sera  un  gogo, suggère-t-elle, la classe moyenne  provinciale  (c’est moi !) qui  l'achètera. On se doutait bien qu’elle avait lu le livre, elle, sans l'avoir payé!  C'est qu'à Virginie Despentes, le coup de la littérature à scandale, on ne le fait plus! Chasse gardée!

 

« Belle et Bête »  Marcela Iacub (Stock) 



Après lecture


Il m'a donc fallu lire coûte que coûte (13,50 euros) le fameux livre de Marcela Iacub « Belle et Bête » (Stock).  Humble avis de  lecteur  provincial moyen : c'est bien de la littérature. Au moins autant que les centaines de livres qu'on peut trouver dans les rayons de nos librairies. Le parti-pris (le cochon est grand, l'homme est petit) est amusant, la psychologie des personnages, comme on dit, plausible, l'écriture parfois fluide, et comme le tout est assez court,  on n'a pas trop le temps de s'ennuyer. On a lu beaucoup mieux, on a lu pire. Je donne donc l’imprimatur. De là à faire de ce bouquin, au nom de la littérature, sa une, il fallait le Nouvels Obs pour oser !


Peut-on prendre intérêt à lire ce bouquin si on ne connaît rien de l'affaire DSK ? J'en doute. La Belle ne serait plus grand chose sans sa Bête clairement identifiée. Ce texte  survivra mal à son actualité. Qui en parle encore aujourd’hui ? Moi, ici, et surtout pour dire qu'on en a trop parlé...  C'est dire! La charge contre DSK et son épouse est féroce. On comprend que le couple n’ait pas bien  pris la chose. C’est intéressant et assez jubilatoire  de lire ce bouquin juste après celui de Raphaëlle Bacqué et Ariane Chemin « Les Strauss-Khahn ». La fable de Iacub  est-elle si  loin de la vérité ? On se gardera de répondre.


 


 

Repost 0
Published by Emile Gillmo - dans Littérature
commenter cet article
15 février 2013 5 15 /02 /février /2013 10:04

 

aerateur.jpg

 

 

« À dix ans j’étais déjà vieux. Beaucoup plus tard, ensuite, j’ai rajeuni. Mais il m’en est resté le désenchantement qu’apportent les expériences précoces. Il arrive encore que je m’emballe bien sûr. Mais c’est presque toujours comme dans ces rêves,  où l’on sait que tout a lieu trop tard. On me dit quelquefois : « Tiens, vous n’êtes donc jamais allé en Amérique ? » Je m’en excuse sur le manque de temps, d’argent, d’occasions. Comment, sans que l’on croie à une plaisanterie, ajouter que je connais ? Evidemment, je parle de la vraie Amérique, celle où en fait on ne peut aller, c’est à dire de cette palissade brune et de ce terrain vague violâtre, avec un fond de maisons en escalier. Le reste n’est qu’anecdote. J’ignore de quelle façon la vraie Amérique se dérobe à ceux qui paraît-il en sont revenus. Il serait difficile de les convaincre que leur Amérique immense et réelle n’a pas de rapport avec la vérité »

          Jacques Réda, L’herbe des talus, Gallimard

    

Il était né « has been ». Se définissait lui-même comme un « passe-temps ». Pouvait rester des journées entières à observer les grilles des aérateurs. Il prenait l’air. Respirait le temps.

Il utilisait l’imparfait, même du subjonctif, ne mettait ni photos ni musiques. Ses écrits sentaient le vieux à plein nez. Quand il tapait sur le clavier, il portait son tee shirt délavé, celui avec l’inscription « I love Bove ».

Pour la fête des pères, et même s’il n’avait pas d’enfant, il s’était fait offrir un moule à madeleines en silicone.

Ainsi équipé, avec son Mac et ses allergies aux pollutions chimiques, il avait tout pour devenir le Proust de la modernité.

 


Repost 0
Published by Emile Gillmo - dans Littérature
commenter cet article
23 janvier 2013 3 23 /01 /janvier /2013 17:09

cabane.jpg

 

 

"Je suis empereur d'une berge, seigneur de mes chiots, roi des Cèdres du Nord, protecteur des mésanges, allié des lynx et frère des ours. je suis surtout un peu gris, parce que après deux heures d'abattage de bois, je viens de m'envoyer un fond de vodka."


"Dans les forêts de Sibérie"  Sylvain Tesson  (Gallimard)


 

Le problème de Sylvain Tesson, c’est son père Philippe, une des plus belles têtes à claques du PAF (paysage audiovisuel français) avec FOG (Franz-Olivier Giesbert). On comprend mieux  les besoins de  voyages longs et de solitude profonde du fils quand on connaît la logorrhée du père.

 

Lettres de Sibérie plutôt réussies quand Tesson  raconte les petites choses de  sa vie quotidienne d'ermite dans une cabane isolée sur les rives du lac Baïkal et parle de ses rencontres  avec ses voisins russes. Et puis, on ne peut être qu'admiratif d'un écrivain capable de couper du bois pendant deux heures ! 

 

Sibérie ou pas, la solitude conduit à faire de trois fois rien une aventure. Quand on est seul,  chaque instant est là pour tenir compagnie. Instinct de survie du solitaire?  Retour de l'écrivain aux origines de la littérature?  Les deux, sans doute, mon capitaine!

On lira le bouquin de Tesson comme un roman d'aventures ou/et comme la thérapie d'un individu qui s'est sorti du groupe (on comprend mieux les besoins de voyages longs et de solitude profonde du fils..etc. etc)

 

Le livre de Tesson requiert un lecteur "à point", comme on dit d'un steak. Pour l'apprécier à sa juste valeur, il faut le lire au bon moment et au bon endroit. Mais, il y a des Baïkal partout, surtout en Auvergne. Choisissez la bonne rive. 

 

 


Repost 0
Published by Emile Gillmo - dans Littérature
commenter cet article
19 août 2012 7 19 /08 /août /2012 09:01

 

velo-an-1.jpg

 

 
Saint-Etienne, jardin public de Badouillère, année 58, jeu d'enfants. 

D’une pichenette (le pouce fait ressort avec l’index), les gamins accroupis envoient leurs billes le plus loin possible. A l’ombre d’un arbre, ils ont tracé à la main un circuit sinueux  sur la terre  de l’allée qui conduit tout droit à la Grand Rue.  Chacun donne à sa bille  le nom d’un coureur : la mienne, rugueuse, mal dégrossie, c’est Gastone Nencini (il devait gagner le Tour de France en 1960). Mais comme je suis maladroit et que celui qui finit dernier la course doit abandonner sa bille aux autres copains, je laisse prudemment  ma bille Anquetil à la maison. Toujours. Je la garde précieusement dans la vitrine de mon lit cosy. C’est la sphère la plus colorée, la plus lumineuse, la plus parfaite. Elle irise d’or mes rêves.

 

 Anquetil, Fournel et moi.

Contrairement à Echenoz avec  Zatopek (Courir), Fournel avec Anquetil (Anquetil tout seul) ne touche pas l’universel. Vous l’avez compris, son livre est fait tout exprès pour moi. Le 12 octobre 1958, j’avais 10 ans, j’habitais à deux pas du Vel d’hiv, rue Désiré Claude, et je témoigne : Anquetil courut bien ce jour-là à Saint-Etienne. J’y étais et je l’ai vu et j’ai vu Paul Fournel.

Si vous voulez en savoir plus sur cette mémorable journée, lisez son livre jusqu’à la dernière page.


"Anquetil tout seul" Paul Fournel (Seuil)          "Courir" Jean Echenoz (Minuit)

Repost 0
Published by Emile Gillmo - dans Littérature
commenter cet article
4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 14:52

 

                                      La môme néant (Jean Tardieu) 

 

           

statue

                        Quoi qu'a dit ? - A dit rin.

                        Quoi qu'a fait ? - A fait rin.  

                        A quoi qu'a pense ? - A pense à rin.                                    

 

 

                        Pourquoi qu'a dit rin ?

                        Pourquoi qu'a fait rin ?

                        Pourquoi qu'a pense à rin ?

                                       - A' xiste pas.


 

      Interview de Jojo la déprime.


- Comment tu passes tes journées ?

 

- Je vais sur mon blog voir s’il y a des commentaires. Y en n’a pas. Personne le lit, mais moi je lis pas celui des autres. Je modifie un peu les textes. L’ordre des phrases. Les mots. Ça sonne plus juste. Ça change un peu le sens. J’aime bien. Le temps passe vite comme ça.

 

-Tu as peur de t’ennuyer ?

 

- Non j’aime bien. Quand on peut s’ennuyer un peu, c’est preuve que tout va bien, qu’on n’a pas de gros emmerdes

 

- Et tu fais pas autre chose ? Tu sors pas ? Tu essaies pas de voir des gens ?

 

- Sortir, voir des gens, c’est compliqué, il faut se laver,  se raser, s’habiller, se mettre présentable, faire une conversation. Avoir un plan quoi. C’est du boulot.

 

- Mais là, avec ton blog tu as bien envie de dire quelque chose à quelqu’un ?

 

- Non, pas vraiment, c’est une contenance, oui tu sais, comme le journal qu’on tient dans ses mains pour ne pas avoir les mains vides, mais on ne le lit pas, ce pourrait être n’importe quel journal, c’est une contenance. Faire des phrases, ça donne une contenance à ma vie, c’est tout. Sans ça, je crois que ma vie aurait l’air bête.

 

- Et tu répondrais à quelqu’un qui réagirait à ce que tu écris ?

 

- Non, trop compliqué de parler avec des gens qu’on ne connaît pas, il faut comprendre, se faire comprendre. C’est du boulot.

 

- Pourquoi tu parles avec moi ?

 

- Avec toi, c’est pas pareil, j’ai pas besoin de me forcer, je peux dire n’importe quoi, même m’arrêter de parler, c’est gênant pour personne. Toi tu es comme moi, t’existes pas.

 

 

Repost 0
Published by Emile Gillmo - dans Littérature
commenter cet article