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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 08:13

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Comme il va souvent à la pêche, et de bon matin, on croit qu’il aime pêcher. Mais il déteste attraper du poisson, surtout en tenir un serré dans la main quand il faut lui arracher l’hameçon de la gorge. Ce qu’il aime, c’est marcher le long de la rivière et rêver. Avec la canne et la musette, il a sa place dans le décor: personne ne lui demande ce qu’il fait là. Sans, il devient suspect.  Il a appris à bien connaître la rivière, les courants, les remous, les  petits gouffres, et les moments de la journée où la truite ne mord pas. Il peut donner le change à quelqu’un qui l’observerait. Il fait comme s’il pêchait: il lance sa ligne, mais  s’arrange pour placer le leurre  là où il est certain de ne rien prendre.

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6 juin 2011 1 06 /06 /juin /2011 07:32

 

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Il est sorti sur la terrasse. La nuit est calme, le ciel dégagé. Cela fait longtemps qu’il ne pense plus à regarder les étoiles. D’un doigt, il rajuste ses lunettes sur son nez et lève la tête. Le spectacle doit être magnifique, mais sa  myopie mal corrigée ne lui permet pas d'en profiter. A vue basse, l'infini manque de relief. Et puis tenir sa tête ainsi renversée est inconfortable. Il pourrait bien installer la chaise longue qui doit être rangée au grenier. Mais la chercher à cette heure tournerait à l'expédition. Le jeu n'en vaut pas la chandelle. 

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14 mai 2011 6 14 /05 /mai /2011 07:53

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Je suis parti en voyage. Une journée. C’était un voyage organisé. Il y avait  mon voisin de palier. Comme on est voisin, le voisin, dans le car, il s’est assis à la place d’à côté. Au repas de midi, il s’est assis en face. On a visité ensuite côte à côte le musée du chapeau. Tout le temps, il disait aux autres en me tapant sur l’épaule, - On est voisin.

Quand on s’est quitté le soir, sur le palier, le voisin  a dit, avant de refermer sa porte,  - Ça fait du bien de voyager, voisin, ça change les idées.

 


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12 mai 2011 4 12 /05 /mai /2011 14:05

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     De jour, on dit qu'il est du genre transparent. Mais la nuit, grâce aux détecteurs de présence, quand il marche dans l’allée, le jardin s’illumine.

 


 


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15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 17:22

 

 

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La messe n’avait rien gagné à perdre son latin et le tennis ses tenues blanches « de rigueur ». Ces deux activités dominicales de son enfance tiraient l’essentiel de leurs charmes de ces rites. Tout cela avait de l’allure.
Et il admirait l’allure de Federer venant saluer en costume blanc le duc de Kent après sa victoire à Wimbledon et s’offusquait des biceps dénudés, luisants et, pour tout dire, suspects de Nadal.

Il avait beau être progressiste, moderne, de gauche et tout et tout, il n’en pensait pas moins que le tennis devait être mis hors de portée des camionneurs et le catholicisme revenir à une saine illisibilité plus propice à la foi.

 


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10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 10:35

 

 

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Lorsqu’il fit des crottes blanches, immaculées, légères et parfumées, il comprit qu’il était devenu un ange.
Emballé, l’étron pouvait se poser à Noël au pied du sapin.

 

 


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5 décembre 2010 7 05 /12 /décembre /2010 08:13

 

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« L’agenda est vierge. Est-il  nécessaire d’en posséder un ? Il  est  l’homme anachronique, sans emploi du temps. Rien à faire, libre.  A la bien pensance du rendement économique, il oppose  de l’inutile, un excès de futile par kilos, une graisse d’oisif.  Pourtant il n’est pas gros. »

« Dans la cité on écrit une fresqur éromanaisque, avec des machines c’est une idée de lanimateur sociocul, tout le monde de la maison de retrete au colége. »

« Est-il assez chic pour ne pas sortir ce soir ? Il se regarde dans le miroir. Il l’est.  Un chat repasse une énième fois sur la terrasse minuscule des voisins du rez de chaussée piétinant leurs semis  alors qu’ils ont pourtant posé contre la balustrade une pancarte  où est écrit en gros et rouge « interdit d’y passer ».

« A l’atelier d’écriture, on nous a  dit d’écrire tout ce qui passait par la tête »

« l ne supporte pa l’origial du 6ème ni le chat qu’il va crevé en l’empoisonant ; c’est sa femme qui m’adit tout ce qui  allait lui faire ; »

« Tireront-ils l’analchat bête à la carabine ? Pour enfin s’en débarrasser. Les gens cons ne sont pas forcément maladroits.”

« Impossible d’en faire une lecture publique, je vais tout brûler. Ya du boulot.   Quand on leur dit d’écrire ce qui leur passe par la tête, ils disent du mal des voisins.”

« Est-il heureux ? Pas  même. Le bonheur est une double peine : l’angoisse de le perdre et la douleur de l’avoir perdu.  C’est l’instant de la sieste qu’il préfère, à peine assoupi, qui précède le repas du soir.   Qui le prépare ce repas ? Le sait-il ? Qui l’attend ? Que lui-même, un peu plus tard assis devant son assiette de potage tiède. Pour l’instant, allongé sur son lit,  il  mesure la tranquille  pertinence des rayons du soleil au travers des persiennes (et pourquoi pas ?). On n’a jamais assez écrit sur la tranquille pépèretinence d’un rayon de soleil au travers de persiennes. Son monde, c’est comme un magasin qui ferme. Tout, chat, voisin, semis, raie de lumière, doit disparaître. »

« Qu’il est con celui-la avec ses grands airs. S’il était aussi bien que ça, il vivrait pas ici parmi nous ! »

« je suis sûr que l’animateur sociocul sait même pas écrire »

« Avec tous ces écrits de merde, j’ai matière. »

« Ca me rappelle quand on écrivait pendant la guerre »

« Il a même dit qu’on pouvait faire des fautes autant qu’on veut. »

« A la mairie, y disent qu'y faudra arrêter ce bordel, vous avez vu en plus combien ça coûte ! »

« Si on nous fait écrire ensemble, ils disent qu’on  s’entendra mieux »

« Et disparaîtra même ce qu’il a déjà oublié : le triple sifflement de la locomotive, les Indiens sur la corniche, l’attaque de la diligence, les silhouettes, les visages, les odeurs, les bruits, les couleurs, les musiques, les mots, les mots, les mots et les bulles mêmes qui entourent les mots ».

 


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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 12:44

 

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Il neige.

Bonnet rouge, anorak bleu, bottes vertes en caoutchouc,  pelle à la main, les matins de neige, le voisin m’attend à la porte de l’immeuble.  Le ton est professionnel, 27 cm dans la cour et moins 9, à 6 heures, sur mon balcon.  Je dis Oh !   Le voisin jubile, On fera mieux demain !  Il me montre l’étroit sillon qui permet de rejoindre la rue, Regardez, j’ai fait la trace. Moi, je redis, Oh !   

Le voisin, quand il neige, est  un homme heureux, mais  je ne peux le quitter sans qu’il m’entretienne de sa pelle, une Duralextra de chez Gouvy en alu à plateau de 29 cm, Il faut pas plus, sinon après c’est trop physique! Il me dit aussi  où il l’a achetée, la pelle, son prix, que si je veux la même, justement, il peut m’en obtenir un, de bon prix, et  comment il s’y prend pour retourner la neige et la mettre en petits tas, Si, si, c’est toute une technique ! et quels sont les avantages et les inconvénients comparés de la pouzzolane et du sel, et que s’il a le temps, il ira aussi dégager la neige vers la chaufferie, parce que,  On ne sait jamais! 

Mon voisin si taiseux par temps sec devient intarissable quand il neige. On pourra le voir, toute la journée,  pelleter, déblayer, jeter des poignées de sel et parler aux passants. 

Les gamins du quartier l’ont surnommé « le chasse-neige ».


 

 

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16 novembre 2010 2 16 /11 /novembre /2010 16:09

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Odette fonctionnait à la griotte : une griotte par copie. 40 copies, 40 griottes.
Les griottes macéraient dans un bocal d’eau-de-vie posé sur son bureau. Sa correction finie, Odette était ivre. Mais tous les élèves avaient la moyenne. Elle pouvait alors rouler sous la table et dormir du sommeil du juste.

 

http://www.educpros.fr/detail-article/h/2793ea6a0f/a/andre-antibi-chercheur-en-didactique-la-constante-macabre-ca-suffit.html

 

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13 novembre 2010 6 13 /11 /novembre /2010 09:59

 

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Sa femme est assise dans le hall de l’hôtel. Comme il la croit ailleurs, et qu’elle s’est fait couper les cheveux, il ne la reconnaît pas:
- Tiens ! pense-t-il, une jolie femme!


Quand, assise dans le hall de l'hôtel, elle voit passer cet homme au regard amoureux, elle ne reconnaît pas son mari.
- Chic ! se dit-elle, Georges Clooney est descendu ici !


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