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11 août 2011 4 11 /08 /août /2011 14:18

Boa

 boa.jpg

 

 

 

Il nous raconta une histoire horrible, que l’homme avait été englouti pendant son sommeil par un boa et qu’ensuite, ses amis, pour le venger, avaient fait cuire le boa au court bouillon et l'avaient mangé.

 


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23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 11:29

fond

 

 

 

 

- Soyez sages les enfants, fermez les yeux et faites de longs et beaux rêves.  

Il sort, laissant entr'ouverte la porte de la chambre désormais silencieuse.


- A moi maintenant, il faut aussi que je prenne soin de moi. 

Il prend dans la cuisine  la cordelette et le tabouret puis va au salon, caresse la poutre avec la main.

 

- Quand elle rentrera, maman aura une jolie surprise!

 Il sourit. Tout est prêt.

 


 


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22 juin 2011 3 22 /06 /juin /2011 10:25

 

ciel.jpg

 
« Dans un léger sifflement, elle glissa sur le tremplin, s’envola, resta
suspendue sur les airs, crucifiée. Et puis… »


Vladimir Nabokov « La Vénitienne et autres nouvelles » Gallimard (1990)

 

 

 

Ce sport n’était pas de son monde. Il détestait les foules braillardes et bigarrées massées sur le bas-côté des routes, parfois menaçantes jusqu’à l’étouffer. Il s’était même toujours retenu dans l’ascension des cols, où pourtant il excellait, par peur de porter l’affreux maillot blanc à pois rouges du meilleur grimpeur. Il avait su éviter le journaliste gnome de la télévision qui posait juste après l’arrivée des questions stupides aux coureurs ridicules dans leurs habits de clown. Mais aujourd’hui il faisait la course en tête. Il avait ignoré les conseils de son directeur sportif et découragé dans la montée, par ses accélérations successives, les petits colombiens et les maigres espagnols. Il était passé seul au sommet, s’était jeté dans la descente sans prendre la précaution de se protéger du froid avec une feuille de journal glissée entre  maillot et  poitrine. Il avait reconnu l’étape au début du printemps, il savait que là, au bout de cette ligne droite, il y avait un virage serré et qu’il lui fallait impérativement ralentir pour le passer. Il sourit, il ne porterait jamais l’horrible maillot. Il releva la tête, respira un grand coup.  On le vit voler un instant  dans les airs, le buste droit, les bras ouverts, comme s’il fêtait une victoire.


 


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17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 16:52

 

 

parapluie-3.jpg 

 


- Cette nuit, j'ai rêvé d'Anna. 

J'ai tout de suite compris que je n'aurais jamais du dire ça. Ça a jeté un froid et j'ai bien vu qu'on me regardait de travers. Les jours suivants, les gens m'évitaient, personne ne me parlait. Et puis on est venu me chercher, un matin, pour m'interroger. On a fait mon procès. J'ai eu beau répéter que ce n'était qu'un rêve, les experts ont dit qu'il n'y avait pas de rêve sans réalité et les juges ont conclu qu'on ne pouvait pas parler impunément de ses rêves. J'ai donc été puni.



Je n'ai revu Anna que des années plus tard, après la prison et les soins psychiatriques. Longtemps elle avait cru que j'étais parti comme ça, à l'autre bout du monde, sur un coup de tête. C'est ce qu'on lui avait dit. Et elle n'avait appris ce qui s'était passé que tout récemment. Mais elle me pardonnait.

- Après tout, ce n'était qu'un rêve, m'a-t-elle dit, dans un joli sourire.

 

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12 juin 2011 7 12 /06 /juin /2011 15:36

 

série noire 2

 

 

Elle attendait dans ma chambre  sur le lit, complètement offerte. Je l’ai prise brièvement. Nous n’avons pas échangé un mot.  Soudain la porte s’est ouverte et ils sont tous entrés. Une foule de journalistes et de paparazzi, avec des caméras et des micros. Ça flashait et ça hurlait de tous les cotés. J’étais terrifié,  et puis j’ai reconnu ma mère. Elle pleurait. Ma femme, et ma fille aussi.  Quelqu’un a crié, tu es la honte de la famille, et là, je me suis réveillé, tout en  sueur.


Le plafonnier était allumé, j’étais allongé sur le lit, à moitié déshabillé et j’avais très mal à la tête. Je me suis redressé péniblement. Sur le chevet, il y avait un verre cassé et une bouteille de scotch vide.  Mon tube de Valium  était ouvert.  Un des deux fauteuils près de la fenêtre était renversé.  Le poste de télé était allumé.  En clignant des yeux, dans l’incrustation sur l’image, en haut à droite, j’ai vu qu’il était  6 heures 57.  Je me suis traîné vers la salle de bain. Elle gisait là, nue, le visage tuméfié, les yeux exorbités, la ceinture blanche d’un peignoir autour du cou.  Je me suis vu dans le miroir. J’étais pâle et mon avant-bras droit était couvert de griffures rouges. Qu’avais-je fait ? Je me suis  pincé pour m’assurer que je n’étais pas dans un mauvais rêve !


La voix me parvint du présentateur du journal TV du matin qui  annonçait déjà la nouvelle, souvent la réalité dépasse la fiction. J’ai regagné la chambre,  j’ai éteint la télé, je me suis assis dans le fauteuil et j’ai attendu que la porte s’ouvre.

 


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16 mai 2011 1 16 /05 /mai /2011 08:06

série noire 2

 

 

Comme d’habitude Gus rentre de la chasse un peu éméché.

Il gare le break Peugeot dans la cour de la petite villa, libère le chien et ramasse son fusil puis laisse retomber le hayon. Sa femme est là, qui l’attend, les mains sur les hanches, l’air mauvais, méprisante :

- T’as vu l’heure ! Et je parie que t’as encore rien touché ! Mon pauvre Gus, t’es tellement maladroit ! Comme pour tout !

 Alors Gus s’arrête, arme son fusil, vise à peine. La femme tournoie  avant de s’écrouler.

Gus murmure :

- Si, cette fois, tu vois, je l'ai eu, le gros gibier.

 


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20 décembre 2010 1 20 /12 /décembre /2010 16:10

 

 

 série noire 2

 

 

C’était après le repas du soir, un vendredi, en direct, à une heure de grande écoute, la Voix me demanda de révéler mon secret. Le groupe, tout excité, se déplaça vers le coin salon.  Je restai debout. Quand j’ai dit  que j’étais tueur à gage, ils ont éclaté de rire.   Il y a une manière de dire la vérité qui fait qu’on ne vous croit pas et c’est assez pratique, une sorte de mensonge inversé, un « vous voyez,  je vous l’avais bien dit, mais vous ne m’avez pas cru ! » qui rejette la culpabilité sur l’autre.

Jouant le jeu, ils m’ont demandé   sur qui était le contrat.  Je m’avançai  vers Kevin sagement  assis sur le pouf jaune où la Voix lui avait demandé de s’asseoir. Je me penchai  et appuyai  l’index sur sa poitrine, - Lui, bien sûr

Le  reste du groupe, soulagé, rit encore plus fort et quelqu’un dit :

-Mais qui veut sa mort ?

je me redressai

-Sa petite amie Vanessa. Depuis que j'ai couché avec elle, elle n’en veut plus… Et puis le public aussi n'en veut plus, Kevin est tellement ennuyeux !

Ils étaient tous pliés en deux cette fois, sauf Kevin qui ne savait pas trop si c’était du lard ou du cochon.

Il ne comprit jamais vraiment, je crois, car tout se passa très vite. Je me plaçai derrière lui ma main gauche fermement posée sur son épaule et  sortis le rasoir de ma poche. Je  fis briller la lame plein cadre face aux caméras comme on m’avait dit de faire et je lui tranchai  la gorge en disant,- Bye bye Kevin. cela n’avait duré que quelques secondes, mais je savais que tout serait filmé sous plusieurs angles puis passé et repassé  au ralenti, l’éclat de la lame, la giclée de sang, les yeux révulsés de Kévin, puis en simultané sur l’écran partagé le beau visage triste de Vanessa éliminée du jeu la semaine précédente et sans doute celui de la maman de Kevin. Ce serait le grand moment  de cette émission de télé-réalité qui perdait de l’audience au fil des années. Et je savais bien que les gens de la production m’avait infiltré parmi les candidats uniquement pour ça. Ne m’avaient-ils pas dit et répété, - Surtout, surtout, mon petit Brandon, il faut que tu restes toi-même!  

Ce que je ne savais pas, c’est qu’il y avait eu juste à l’instant du meurtre un incident technique :  dans le car de régie un écran de contrôle avait pris feu et fait sauter tous les circuits : les caméras ne fonctionnaient plus, aucune image n’avait été enregistrée, personne n’avait pu voir la mort de Kevin.  Je lui avais tranché la gorge pour rien. C’était une catastrophe !

L’émission fut stoppée aussitôt et on nous sortit de la villa studio où nous étions cloîtrés depuis des semaines. Moi, je fus arrêté sur le champ et interrogé.

Plus tard, j’ai appris que des milliers de téléspectateurs furieux avaient téléphoné ce soir-là. Ce fut un des plus gros ratages de l’histoire de la télé-réalité.   Les publicitaires résilièrent  leurs contrats. Les cabinets d’avocats  appelés en urgence  se préparèrent à d’interminables procès :  à tous les niveaux,  on cherchait des responsables. On pensait à cette époque que La Chaîne ne s’en remettrait  jamais.

Quant aux amis de Kevin, ils se consolèrent  comme ils purent en répétant  partout  dans les médias que le jeune homme n’avait pas souffert  et qu’heureusement, lui, ignorerait toujours qu’au moment de sa mort il n’était plus filmé.

 

Bien sûr, je n’avais signé aucun contrat précis.  Au procès, j’ai  tenu la ligne de défense qu’on avait prévue avec La Chaîne, mon avocat a plaidé un coup de folie mais il n’était pas bon et puis l’opinion publique voulait ma peau comme si j’étais responsable de l’incident technique qui les avait privés d’images. Quand j’ai vu que ça tournait mal, j’ai voulu dire que tout avait été arrangé d’avance avec la Chaîne, mais ça n’a pas pris, ce fut même pire, c’était leur parole contre la mienne: je fus condamné à perpet pour meurtre avec préméditation.  Depuis ils ont tourné un film sur cette affaire. Il a fait un tabac au box-office. C’est La Chaîne qui l'a produit. Je n’ai pas touché un centime. Je n’ai pas envie de le voir.   Vanessa n’est jamais venue au parloir. Je me pose des questions.

 


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25 novembre 2010 4 25 /11 /novembre /2010 14:32

 

fond

 

 

Dans le rétroviseur, j’ai vu  qu’elle arrivait très vite,  sirène hurlante et gyrophares allumés. J’ai serré sur le bas-côté pour  laisser le passage. C’était une ambulance qui fonçait dans la nuit. Peu de temps après c'est le break Mégane de la gendarmerie qui m’a doublé. J’ai pensé qu’il devait y avoir un accident un peu plus loin sur la route, sans doute au virage du Grand Paradis. C’est  une courbe mal relevée qui suit une longue ligne droite et où il y a déjà eu pas mal de casse. Quand j’ai pris la longue ligne droite, j’ai vu qu’au loin ça clignotait de tous les côtés. Je ne m’étais pas trompé. J’ai baissé ma vitesse. Un peu avant le virage, des gendarmes qui portaient leur gilet fluo m’ont fait signe de ralentir encore. J’ai appuyé sur  la pédale du frein. Sans doute un peu trop fort. La chaussée était couverte de feuilles humides, l’auto a  glissé  sur la gauche sans que je puisse rien faire. J’ai eu juste le temps de voir qu’il y avait aussi un camion  de  pompiers arrêté. Ce devait être grave.

       

Quand j’ai repris mes esprits, j’étais couché sur le côté, coincé sur mon siège, la tête collée contre le pare prise et j’avais une terrible douleur à la jambe gauche, je ne pouvais pas bouger. L’auto avait dû se renverser dans le profond fossé qui borde la route. C’est alors que j’ai entendu une voix étouffée tout au-dessus de moi : un homme casqué  me parlait.  Je voyais son visage effrayant, sans doute éclairé par le faisceau lumineux d’une torche, derrière la vitre intacte de la portière passager.          

- Restez calme Monsieur, on va vous sortir de là, on a tout le matériel qu’il faut, ne craignez rien, on avait tout prévu, on vous attendait.

 


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21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 16:23

 

série noire 2

 

 

Il y a le rituel, j’en ai déjà parlé, du petit déjeuner du matin. A midi, c’est comme le matin en plus long et sans bol mais avec une assiette, toujours le couteau, et une fourchette en plus de la petite cuiller et un verre. Car le verre n’a pas sa place le matin. Plus droit au jus de fruit, « Trop sucré » a dit le médecin. Il m’a prescrit un régime.
Ce toubib est l’ancien amant (mais trop vieux pour elle maintenant) de ma femme de ménage qui est aussi ma maîtresse.
La main de cette femme qui touche mon sexe a donc aussi touché le sexe du docteur qui touche parfois avec la sienne le mien.
D’y penser, désormais, quand il m’ausculte, je bande. Avec elle, je ne peux plus. C’est pour ça que son ancien amant me soigne et m’a mis au régime.
Le rituel du repas du soir est comme celui de midi, mais en plus court et sans la petite cuiller puisque le dessert du soir m’est aussi interdit. Le soir, on est à une minute près dans les temps  du petit-déjeuner du matin. Le couteau est l’invariant des trois repas.
Je pressens que ce régime finira dans le sang. 


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20 octobre 2010 3 20 /10 /octobre /2010 08:55

 

efferv.jpg 


Au contact de l’eau, le cachet rond s’agite, s’amincit, s’enfonce, se délite tandis que les bulles crépitent. Quand il a disparu, il ne reste qu’une fine poussière blanche. Je fais tourner un peu le verre et l’eau redevient limpide. Le liquide doux-amer me tranquillise. J’ai peur des pluies acides depuis que j’ai vu le chat  pris par  l’orage se dissoudre sur le gazon du jardin dans d’atroces miaulements. Le jacuzzi est silencieux. Sally qui prend son bain moussant n’a pas refait surface. C’est reposant.

 


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