Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
22 novembre 2019 5 22 /11 /novembre /2019 09:24

 

Stade Bordeaux, septembre 2019 (photo privée jmg)

 

Lui, qui ne connaissait rien au football, voyait dans  cette architecture  une réplique bétonnée de la forêt des Landes.

 

Je lui disais, non, c‘est un orgue géant, une caisse de résonance, des tuyaux par lesquels montent les chants des supporters.

 

Imagine, par delà ces tribunes,  le latéral droit qui court le long de sa ligne de touche, qui remonte le ballon, qui va centrer et cette rumeur  qui enfle, le porte d’un espoir fou, c’est sûr, on va marquer!

.

On a marqué, on crie, on lève les bras, on saute,  emporté par des vagues de foule. On ne touche plus terre.

  

Imagine aussi la peur dans les dernières secondes, on ne tient la victoire que d’un but et tout peut basculer,.un dernier contre, un coup franc,  un malheureux corner, ou pire ce terrible silence d’avant un pénalty. On retient son souffle, on regarde sa montre, on siffle, on siffle, on siffle encore pour alerter cet  arbitre imbécile qu’il  est temps de siffler la fin de la partie.

 

C’est fait. Il a sifflé, on a gagné. On est heureux De l’enceinte  sort la clameur libératrice. On l’entendra des kilomètres à la ronde sur tous les bords de la Garonne.

Partager cet article

Repost0
14 novembre 2019 4 14 /11 /novembre /2019 09:22
marée haute, Pyla sur Mer, sept 2019 (photo privée jmg)

 

Partout le long de l’esplanade, les badauds sont venus en nombre voir jusqu’où montait l’océan, s’il recouvrirait la chaussée et viendrait même jusqu’aux bancs. On rit comme des enfants de l’imprudent surpris par une vague. Qui s’est approché pour prendre une photo et revient le pantalon  trempé. C’est qu’avec le coucher  du soleil, le spectacle  est magnifique. On veut garder un souvenir.

 

A 19h 54 par magie la mer se calme, les vagues ne font plus aucun bruit.  Alors, en silence, chacun s’en va de son côté.

 

Partager cet article

Repost0
1 novembre 2019 5 01 /11 /novembre /2019 15:48

 

Péniches, Digoin, août 2019 (photo privée jmg)

 

 

Il y avait là quelques bateaux morts et d’autres encore un peu vivants, mais pas de bateau ivre,  pas de courant, d’indiens et de tohu-bohu triomphant.

C’était Digoin,  ville exotique?

Le long du canal, on prend son temps

J’occupe le temps? Le temps m’occupe? Vaines questions…Je suis le temps.

Partager cet article

Repost0
28 octobre 2019 1 28 /10 /octobre /2019 10:03
banc public, Orcières Merlette, août 2019 (photo privée jmg)

 

 

Ils regardaient ensemble dans la même direction. Allaient-ils déclarer leur amour? Annoncer leur rupture? Engager un projet immobilier?

 

Lui disait, il faudra se mettre d’accord, combien aurons-nous d’enfants? 

Et elle répondait, trois, j’aimerais bien trois enfants, mais qu’il leur faudrait un appartement traversant. Et que c’était peut-être mieux d’investir à la mer qu’à la montagne.

                                          

Nous les observions, amusés qu’ils regardent ce que nous n’aurions surtout pas regardé, admiratifs aussi, jamais nous n’aurions osé nous asseoir sur ce banc de peur  d’y être vus assis par quelques passants malveillants.

 

C’était un banc sur lequel on ne pouvait être assis qu’au second degré.

Partager cet article

Repost0
27 octobre 2019 7 27 /10 /octobre /2019 16:10
Ancelle, août 2019 (photo privée jmg)

 

 

C’est lui la vedette incontestée du lieu. Le clocher d’Ancelle. Il sait prendre la lumière d’où qu’elle vienne. Aussi, on le photographie à toute heure du jour et même au début de la nuit.

 

Puis comme il n’y a rien de mieux à faire, à la veillée, de nos fauteuils, via nos smartphones, nous échangeons nos clichés, tout en évitant par politesse, de penser que les nôtres sont mieux cadrés.

 

Et dire que le clocher d’Ancelle, à Florence, on l’aurait négligé!

Partager cet article

Repost0
20 octobre 2018 6 20 /10 /octobre /2018 08:35

 

 

Église de Saint-Céneri-le-Gérei ,Christian Malézieux. Photo jmg sept 2018.

 

  

Au café qui fait l’angle, surprise, les consommations sont servies à un prix modique par un patron  joyeux et plein d’esprit. Dans ces villages à label « plus beaux villages de France », on s’attendait à tout sauf à ça!

 

 Monsieur, mais ce que vous nous racontez là mène à quoi?

 

Vraiment je ne sais pas, Madame, Monsieur, mais après avoir visité la petite église  et contemplé bouche bée, ravi, sur un des murs exposé, le chemin de croix (elle semble légère et lourde à porter comme ce petit péché mortel qu’on ne peut oublier), descendre vers la rivière tranquille qui fait méandre. Sur la prairie en pente douce, c’est l’heure du déjeuner. Des familles  pique-niquent de salades. Composées, recomposées ou élargies. Bien sûr, il y aura aussi au menu des chips craquantes sorties de sachets colorés. On entend rire les enfants et siffler le merlot gris.

 

Partager cet article

Repost0
1 octobre 2018 1 01 /10 /octobre /2018 08:43

                                                      Patrick Braoudé  (Honfleur sept 2018)

 

"On dirait presque du bonheur quand l'anti-dépresseur fait enfin de l'effet"  (Bénabar)

 

Nous garderons d'Honfleur le souvenir d'Honfleur...Le port, les maisons aux façades couvertes d'ardoise, la foule du dimanche, le goût d'une crêpe sucrée, d'une bolée de cidre sec.  Et la lumière, bien sûr la lumière!

Fatigués, nous nous sommes assis sur un banc de cette promenade qui va du vieux port à la plage et longe la Seine et le jardin public. Nous avons tout le temps devant nous.

D'abord point minuscule sous le pont de Normandie passe un cargo chargé d'on ne sait trop quoi qui s'effacera ensuite dans la mer...

 

Partager cet article

Repost0
11 décembre 2017 1 11 /12 /décembre /2017 16:37

 

Saint-Haon-le-Châtel, octobre 2017 (photo privée jmg)

 

"Ce coin de nature, ce bout de jardin, un bruit de pas sans écho sur le gravier d'une allée, mon exaltation les a portés et a réussi à leur faire traverser tant d'années successives, tandis que sont morts ceux qui les foulèrent et le souvenir de ceux qui les foulèrent."

                                                                       Marcel Proust ,  Du côté de chez Swan

 

La pluie cesse, ils font le tour du village. Des citations d'écrivains accompagnent leur visite. Les lieux et les mots se répondent pour leur plus grand bonheur. On devine au loin une trace  d'arc-en-ciel.    

 

Partager cet article

Repost0
4 décembre 2017 1 04 /12 /décembre /2017 16:46

 

Expo Robert Kéramsi Chazelles sur Lyon nov2017 (photo privée jmg)

 

Oh regarde ! Tu as vu le chien ! Comme c'est bizarre, il est tout nu !

 

 

Partager cet article

Repost0
16 novembre 2017 4 16 /11 /novembre /2017 16:15
Giardino delle Vergini. Venise sept 2017 (photo privée jmg)
Giardino delle Vergini.

Ici  pas de foule, tout est calme. Ça change des autres sites de la Biennale. Le début de la visite, à travers les jardins, nous conduit jusqu'au bord du chenal qui donne sur le port de l'Arsenal. Ensuite le chemin bifurque à gauche vers des sortes de hangars. Une jeune femme, qui ne porte pas d'uniforme, s’approche et nous dit très poliment qu’à partir de là, il faut prendre un billet.  Elle semble un peu gênée, sans doute à cause de notre âge. Nous pourrions être ses grands-parents. Croit-elle que nous essayons de resquiller? Elle imagine mal ses grands-parents, fervents catholiques, se comporter ainsi. Du coup, nous nous sentons gênés aussi.   

 Pourtant, nous  rebroussons chemin, préférant garder nos sous pour améliorer l’ordinaire du léger repas que nous avons l’habitude de prendre vers midi dans une des petites  boulangeries-cafés que la chaine Majer a  positionnées dans le centre de Venise. C’est un mode de restauration pratique et de bonne qualité qui nous va bien. Il ne faut cependant pas trop s’écarter au moment de choisir les plats pour rester dans une fourchette de prix raisonnable. Moi, je prends des boulettes de riz aux épinards qui calent bien l'estomac et me permettent de tenir jusqu'à tard le soir. Avec l’argent économisé du billet nous pourrons avoir, en plus, cette fois, une pâtisserie et un café. C'est un bon plan qui nous met de bonne humeur et déjà en appétit.

Et puis, si nous écourtons notre visite, nous arriverons  suffisamment tôt au Majer de la Via Garibaldi toute proche, pour espérer pouvoir s'asseoir en terrasse. Il fait beau, ce sera agréable de regarder les gens et les pigeons.  
Pour regagner la sortie, nous repassons donc devant les œuvres déjà vues et   nous leur trouvons moins d’intérêt. Le fait de savoir qu’elles nous sont présentées gratuitement, alors que d’autres exposées sur le même site nécessitent, elles, une contribution financière, semble leur avoir enlevé le statut d’oeuvre d’art. Nous n'avons pas voulu payer pour voir, mais nous n’avons plus envie de voir ce que nous n'avons pas payé. La valeur marchande de cet art est-elle la seule garantie qu'il soit de l'art? Vaste question artistico-économique ou simple inquiétude de radin: si c’est gratuit, ça ne vaut rien et si ça coûte, je me suis fait avoir!

Ainsi, en entrant dans les jardins, j’avais pris en photo ce que je croyais alors être une installation d’artiste. Lorsque j’en ressors,  je suis persuadé que ce ne sont que débris amassés puis abandonnés par un employé d’entretien étourdi.

Ai-je raison ou tort?

De retour en France,  je me  suis reposé la question et après quelques recherches,  je n’en sais toujours rien.
Les bouts de bois photographiés faisaient-ils oeuvre? Ou bien l'oeuvre était l’enclos dans lequel j’étais entré pour les photographier? Ou bien encore l'oeuvre était l’enclos et les bouts de bois ensemble? Ou bien quelque chose de plus grand, de plus enveloppant qui nous aurait échappé? Mystère …
Quand le doigt montre la lune, l’imbécile regarde…
Moi, j’avais photographié les résidus.

Un ami à qui je raconte cette mésaventure me sermonne, je te l'ai bien dit, une visite ça se prépare. On ne rentre pas dans un musée comme ça. Ce n’est pas une promenade digestive! Si on ne sait pas ce qu’on va voir, on ne sait pas ce qu’on voit et donc on ne voit rien!

Je laisse dire. Il me plait assez  de ne pas savoir vraiment si ce petit tas de bois prêt à partir en fumée est oeuvre de Michael Beutler, artiste berlinois, ou  négligent oubli de Guiseppe Giannero, modeste jardinier de la ville de Venise.
 
 
 

Partager cet article

Repost0