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6 mai 2010 4 06 /05 /mai /2010 12:26

 

 

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Les pulls que lui tricotait sa mère le protégeaient de la concupiscence des femmes.

 


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4 mai 2010 2 04 /05 /mai /2010 16:42

 

 

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Depuis des années qu’il fréquente ces lieux, il a tout lu.
Ce matin, sur l’esplanade de la Bibliothèque François Mitterrand, un homme l’interpelle:
- Mais si la culture n’est pas partagée, qui saura que tu es cultivé ?

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30 avril 2010 5 30 /04 /avril /2010 08:48

 

 

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On me l’avait enfin livré.   Mais, par sa tenue, ce coûteux petit fauteuil en cuir gris de chez Steiner Paris, soudain posé dans le salon, me mettait minable. Pour m’y asseoir, il aurait fallu me faire beau. C’était au-dessus de mes forces.  Je le rangeai au grenier et repris ma vie  de plouc.


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16 avril 2010 5 16 /04 /avril /2010 12:13

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 Comme dessert, elle nous servit un clafoutis, en précisant :
   - Pour gagner du temps, je n’ai dénoyauté qu’une cerise sur deux.

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30 mars 2010 2 30 /03 /mars /2010 08:17

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A chaque coin de rue, aux arrêts d’autobus, aux entrées de parking, il y avait partout des pauvres qui demandaient l’aumône. A chacun, pour être tranquille, il donnait une pièce. Quand il n’avait plus rien en poche, il s’installait lui-même dans un des rares endroits encore libres de mendiants et tendait à son tour la main jusqu’à rentrer à peu près dans sa mise. Ensuite, il reprenait sa route et, au gré des rencontres, recommençait à donner. Beaucoup maintenant faisaient comme lui. Ainsi des pauvres pouvaient donner aux pauvres à coûts réduits. Mais ce harcèlement constant de la misère le lassait. Il rêvait d’être un jour assez  riche pour ne plus faire la charité de la main à la main.

 


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27 mars 2010 6 27 /03 /mars /2010 13:59

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Au dîner, ils firent assaut de propos révolutionnaires, tous plus excessifs les uns que les autres jusqu’au moment où fut servi le dessert. C’était un gâteau vert elliptique qu’on aurait dit sorti du Musée d’Art Contemporain. De suite, ils désapprouvèrent la couleur et la forme, puis le goûtant, circonspects, émirent en chœur l’avis qu’il n’était pas assez sucré.

Ils voulaient changer le monde, mais garder la saveur  des gâteaux de grand-mère.

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23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 16:17
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Avec l’ongle du pouce, elle gratte fébrilement la vignette dorée du prospectus publicitaire qui leur promettait un séjour d’une semaine dans les îles.


« PERDU »


Son mari est furieux,

  – Je t’avais bien dit de me laisser gratter, tu sais bien que t’as jamais eu de chance !


Elle hausse les épaules, raisonneuse, bien décidée à ne pas s'en laisser compter,

  –  De toute façon, maintenant, c’est fait, et on pourra jamais savoir ce qui était écrit si c’était toi qui avais gratté !

 





 

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22 mars 2010 1 22 /03 /mars /2010 07:00

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Pour faire passer leur morale, les maîtres racontent des fables pleines de bêtes bavardes. Les enfants les écoutent, retiennent que la morale est affaire animalière, que les hommes, donc, ne sont pas concernés.


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15 mars 2010 1 15 /03 /mars /2010 08:26
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Fragment du mur de Dan Perjovschi

Dessin à la craie

(Xème Biennale d'art contemporain de Lyon)



J’entretenais hélas avec ce médecin des liens d’amitié  qui m’obligeaient à le ménager. Comprenez que je ne pouvais pas lui dire comme ça que j’avais perdu confiance et que je ne voulais plus qu’il me soigne. J’en étais arrivé à penser que, pour ma guérison, il faudrait que mon médecin tombe malade afin que je puisse en changer sans le vexer et risquer de perdre ainsi son amitié. Je savais, pour avoir à l’occasion partagé avec lui ces plaisirs malsains, qu’il fumait et buvait beaucoup. Aussi, à  chaque visite, je scrutais  son visage pour déceler les signes éventuels de la cirrhose libératrice. Mais sa complexion semblait moins délicate que la mienne et je sortais de son cabinet paniqué par le temps qu’il me faudrait rester son patient ami

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2 mars 2010 2 02 /03 /mars /2010 09:53
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Il a fait  comme on lui a dit,  appris à lire, passé ses examens, obtenu des diplômes, élève sage, étudiant sérieux,  ensuite un bon métier, cadre commercial efficace, honnête, consciencieux,  puis une femme, deux enfants, mari modèle, fidèle, père exemplaire,  sans excès alimentaire, mais pratique sportive modérée quotidienne, pour atteindre en bon rang la maison de retraite et à l’âge qui convient le cimetière dans le caveau de famille,  son nom inscrit parmi les siens juste sous celui, dans l’ordre, du père et de la mère.

Mission donc accomplie.
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